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Randonneur dans la boue © Nacho Such, Shutterstock.com

Les joies d’être crotté(e)

Faire son chemin dans la bouette quand tout le monde la contourne. Manger une bonne bouffe avec ses mains en camping. Sentir la terre, la boucane, le vent. Il y a quelque chose de franchement libérateur et satisfaisant dans le fait d’être sale et de s’en foutre. Dans ce moment précis où on décide de lâcher prise et que les bottes neuves, les mains propres, les cheveux peignés et tout le reste prend le bord. Ciao bye!

C’est vrai, les meilleures histoires sont souvent faites de pluie battante qui arrive par surprise, de guerre de guimauves autour du feu, d’un bain improvisé au milieu d’un lac. C’est ce que j’aime du plein air. Ça nous permet d’être nous : imparfaits et naturels. Crottés et heureux. Ça nous permet d’accéder à la petite fille ou au petit gars en dedans pour qui ça urge de jouer dehors, de courir, de grimper et de vivre sans se soucier du regard des autres.

Quand j’ai marché les 650 km du Sentier international des Appalaches, j’ai porté le même linge pendant 40 jours. J’avais les cheveux gras, les ongles sales, un bronzage douteux et ça n’avait aucune importance. Qui est-ce que ça pouvait bien déranger? Je n’avais aucune règle de bonne conduite à respecter, personne pour me juger. La nature n’attendait rien de moi. J’étais juste bien, libre et décomplexée.

Je pense que le plein air a ce pouvoir d’imposer ses propres règles, de faire tomber des barrières. C’est ce qui le rend unique et précieux à mes yeux. Être couvert de boue au milieu d’un sentier est normal, même espéré! Avoir les cheveux pleins de sel après une session de surf est libérateur. Être trempé de sueur au sommet d’une montagne est gratifiant. Tout le monde est dans le même bateau quand il est question de jouer dehors. Et c’est bien là que la magie opère : en étant heureux d’être crotté, on devient tous complices de cette mini-rébellion contre les standards établis. Et c’est fabuleux.


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