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Frédéric Dion, Hélène Dumais, Patrick Charlebois et Sébastien Lapierre © Claude Bujold

Un réseau pour motiver les aventuriers

Terminé, le temps où les aventuriers préparaient leurs expéditions tout seuls dans leur sous-sol. Désormais, Les Aventuriers du Québec leur permettent de réseauter et de collaborer entre eux.

À l’initiative de Frédéric Dion, une centaine d’aventuriers se sont rassemblés à Trois-Rivières pour suivre une classe de maître, le 7 mai dernier. Le but : partager leurs trucs pour stimuler la fibre aventurière aux quatre coins de la planète. Espaces vous présente les meilleurs conseils tirés de cette journée haute en échanges.

Briser l’équilibre pour oser l’aventure

« On ne peut pas avancer dans la vie tant qu’on n’a pas brisé notre équilibre; pour y arriver, il suffit de faire un pas en avant », suggère Frédéric Dion, aventurier professionnel depuis plus de 15 ans, qui a notamment atteint le pôle Sud en ski cerf-volant, couru 33 marathons en 7 semaines et pris part à plusieurs expéditions de survie. La clé de son succès? Selon lui, il faut diviser son objectif en petites étapes simples, en se concentrant sur le moment présent. Et si on tombe, il suffit de se relever. « Un gagnant, c’est quelqu’un qui se plante et qui essaie une autre fois », dit-il.

Trouver la bonne idée pour faire du financement collaboratif

Traverser l’océan à la rame semble un projet d’une envergure assez importante pour intéresser plusieurs commanditaires majeurs. Pourtant, lorsqu’elle a lancé ce projet, Mylène Paquette n’a trouvé que trois commanditaires qui l’épauleraient à hauteur de 20 000 $, avant son départ, alors que sa recherche de commandite lui avait coûté 25 000 $... L’idée de la source majeure de financement est plutôt venue lors d’une soirée de remue-méninges : vendre des petits canards jaunes à 250 $ au grand public. Et c’est cette initiative qui lui a finalement rapporté 47 000 $. « Soyez créatifs et ouverts aux idées des autres, même si ça semble d’abord une drôle d’idée », a expliqué la rameuse océanique.

Penser comme un entrepreneur

Pour bien réussir de grandes expéditions, il faut penser comme un entrepreneur et bâtir un réseau solide, croit Claude Bujold, un aventurier de 70 ans qui a trouvé son marché : donner des conférences sur ses aventures à près de 3000 personnes âgées chaque année. Selon ce comptable de formation, il faut faire un plan d’affaires pour maximiser ses chances de commandite. Il suggère aussi d’enregistrer ou d’incorporer son entreprise, et de ne pas avoir peur de demander des numéros de compte de TPS/TVQ : en tant qu’entrepreneur, les taxes sur les achats, comme l’équipement, sont remboursées.

Miser sur les émotions pour convaincre un commanditaire majeur

Sébastien Sasseville a réussi à dénicher 100 000 $ pour faire l’ascension de l’Everest, puis 500 000 $ pour traverser le Canada à la course. Son truc : toucher les émotions d’un commanditaire avec une cause qui le rejoint pour qu’il ne veuille pas rater l’occasion de s’associer à son projet. « Avant de demander de l’argent à un commanditaire potentiel, vous devez savoir ce que vous pouvez donner, mais ne soyez pas trop rigide : demandez plutôt quels sont ses besoins, pour que ça devienne aussi son projet », dit-il. Sébastien suggère en outre de commencer par une proposition courte et punchée pour susciter l’intérêt, et de ne pas parler d’argent avant que l’entreprise « achète le projet émotivement ».

Conseils en vrac

« Si on a un problème, c’est parce qu’il y a une solution. Alors, soyons créatifs. »
– Normand Piché, qui a rejoint les 5 continents à la nage en 2016, en parlant à son équipe lorsque des problèmes logistiques mettaient en péril son projet.

« Si vous n’avez pas assez d’argent pour financer votre expédition, faites comme moi et partez avec rien du tout. »
– André-François Bourbeau, expert en survie qui détient le record Guinness de survie volontaire en milieu naturel (31 jours).

« Il faut vivre ses aventures pour la passion, sans tomber dans l’obsession, pour garder un équilibre entre la famille, le travail et les loisirs. »
– Patrick Charlebois, père de 4 enfants et entrepreneur impliqué socialement, qui a couru 7 marathons en 7 jours sur 7 continents.

« Dans les moments difficiles, lors d’une expédition, rappelle-toi pourquoi tu fais ça et mets-toi un sourire dans la face. »
– Sébastien Lapierre, premier Canadien à atteindre le pôle Sud en solitaire sans ravitaillement, surnommé « l’homme le plus heureux de l’Antarctique » lors de son séjour.

« Apprenez qui vous êtes et connaissez vos limites, puis essayez d’aller mettre un pied de l’autre côté. Ça permet de gagner de la confiance et de se dire ensuite : “Qu’est ce que je peux faire d’autre?” »
– Hélène Dumais, ultramarathonienne qui s’apprête à courir 888 km en 10 jours lors de la course Infinitus, au Vermont.

Pour aller plus loin

Vous êtes un aventurier ou rêvez de le devenir? Joignez-vous au groupe Facebook Les Aventuriers du Québec.

Pour trouver des commanditaires potentiels : icriq.com (base de données des manufacturiers et des distributeurs)

Pour incorporer son entreprise pour 328 $ : www.registreentreprises.gouv.qc.ca

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