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Parc national Denali © Shutterstock

Denali : le parc dont vous êtes le héros

Terre d’immensité et siège du plus haut sommet d’Amérique du Nord, le parc national Denali, en Alaska, forme un territoire particulièrement vaste et sauvage. Raison de plus pour aller s’y perdre et mieux s’y retrouver… plus grandi que jamais.

À l’été 2015, c’est le hasard qui m’a menée au parc national et réserve de Denali, en Alaska. Le genre de hasard que seuls les voyages permettent de vivre.

Mon copain et moi étions partis de Québec sur le pouce, en quête de liberté et d’infiniment grand. L’attrait irrépressible du Nord nous avait conduits sur les routes grandioses du Yukon jusqu’au cercle Arctique, puis à travers les beautés colossales de l’Alaska. Nous vivions l’Amérique avec un grand A, un lift à la fois.

C’est Karen, une femme douce au sourire franc, qui nous a déposés aux portes de ce parc singulier, paradis de la randonnée dans l’arrière-pays. J’ai tout de suite été conquise.

randonnée au parc national Denal © Jiri Kulisek, Shutterstock

Les 24 585 km2 de son territoire sont plus grands que l’imagination même — et 30 fois plus vastes que le parc national de la Gaspésie. De quoi donner le vertige.

En son centre veille le mont Denali, la plus haute montagne d’Amérique du Nord et la principale attraction de ce lieu qui célèbre son centième anniversaire cette année. Mais au-delà du wow! et de la démesure, c’est une tout autre surprise qui m’attendait : le parc ne possède pas, ou presque, de sentiers.

Into the Wild

11 août, 9 h du matin. J’ai devant moi la plus grande carte topographique que j’ai vue de ma vie : elle couvre un mur tout entier. Je peux y lire les montagnes, les glaciers, les rivières et les 87 secteurs réservés aux randonneurs de l’arrière-pays.

Rapidement, je réalise qu’à part les cinq sentiers près du centre des visiteurs et les quelques campings dispersés ici et là, le reste est purement sauvage. Mais accessible. Je jubile.

Il faut dire qu’il est plutôt rare qu’un parc laisse autant d’autonomie et de liberté à ses visiteurs. C’est ce qui rend Denali si spécial. Oubliez les sentiers à la queue-leu-leu, les balises, les bandes de tissu fluo. Il n’y aura rien pour vous guider dans la zone que vous aurez choisie, seulement votre carte, votre boussole et votre gros bon sens.

Croyez-moi, il y a quelque chose d’assez exceptionnel dans le fait de s’aventurer en territoire grizzly en étant complètement libre et vulnérable. Dans le fait de piquer sa tente où l’on veut et d’écouter le silence, le vent ou la pluie avant de dormir. De ne croiser personne. D’être aussi privilégié, quoi.

Grizzlys au parc national Denali © Michelle Holihan, Shutterstock

À lui seul, le trajet pour se rendre dans l’arrière-pays promet tout un spectacle. Surtout si vous choisissez votre secteur à l’extrémité de l’unique route qui serpente le parc, à 6 heures d’autobus de l’entrée. Une route panoramique, vertigineuse même, qui se tortille de falaises en plateaux, dévoilant petit à petit les géants du parc, ces montagnes aux épaules enneigées de la chaîne de l’Alaska.

Avec de la chance, la météo capricieuse vous laissera admirer le sommet imposant du Denali, anciennement appelé mont McKinley. Une montagne de 6 190 mètres, souvent considérée parmi les plus difficiles à grimper en raison de son éloignement géographique et de son climat extrême.

Mais en tout état de cause, le parc national et réserve de Denali est à l’image des gens que nous avons rencontrés en Alaska : généreux, non conformiste et audacieux. Un terrain de jeu parfait pour ceux qui tripent hors des sentiers battus. Le genre d’expérience qui vous reconnecte avec l’essentiel.

Et un lieu unique en son genre, dont vous seul êtes le héros.


Planifier sa randonnée dans l’arrière-pays

Les secteurs

Informez-vous sur les 87 secteurs du parc avant votre arrivée. Certains sont énormes, isolés et présentent leur lot de défis à considérer : une rivière puissante à traverser, un dénivelé important, une végétation dense. Choisissez la région que vous souhaitez explorer en fonction de votre niveau d’expérience et de confiance.

Les permis

Puisque chaque secteur possède un quota, les permis sont attribués la veille ou la journée même aux randonneurs. La demande se fait en personne seulement, selon la bonne vieille méthode du premier arrivé, premier servi. Mieux vaut donc vous présenter tôt et préparé, surtout en juin, juillet et août. Sachez tout de même qu’avec 6 millions d’acres de possibilités, vous trouverez de quoi vous amuser si votre premier choix est déjà pris. Vous n’avez pas besoin de permis si vous ne dormez pas dans l’arrière-pays.

Le Mont Denali depuis le bus © Giantrabbit, Shutterstock

Le transport

Un système d’autobus bien développé permet de se rendre facilement à plusieurs secteurs. Vous pouvez même descendre d’une navette et remonter dans une autre plus tard. Calculez toutefois bien votre temps; certaines zones se trouvent à 6 heures de route de l’entrée, au mille 92. Les voitures sont permises sur la route jusqu’au quinzième mille seulement, alors qu’un train peut aussi vous déposer au beau milieu du parc.

Le budget

Bonne nouvelle : le permis est gratuit et comprend même le prêt d’un contenant de plastique résistant aux grizzlys pour entreposer votre nourriture. Il faut toutefois compter 10 $ US pour un billet d’entrée au parc, valide pendant 7 jours, et de 25 $ à 50 $ US pour un billet d’autobus, selon la distance que vous avez à parcourir. Tout est cependant gratuit pour les enfants de moins de 15 ans.


Quoi d’autre à Denali?

parc national Denali © Landon Cerny, Shutterstock

Si la rando hors des sentiers battus n’est pas votre truc, optez pour une visite guidée en autobus afin d’admirer les montagnes et la faune impressionnante du parc. Soyez attentifs, il n’est pas rare de voir des grizzlys, des orignaux et même des loups à partir de la route.

Pour l’expérience ultime, sautez dans un petit avion et survolez les champs de glace, les plaines et les sommets enneigés de ce lieu hors du temps. Certaines excursions vous déposent même sur un glacier pour que vous puissiez ressentir la force tranquille des éléments qui vous entourent. Frissons et moments forts garantis, dont vous vous souviendrez toute votre vie.

Si vous êtes en forme, louez des vélos! Prenez une navette jusqu’à l’extrémité du parc, campez une nuit, et pédalez à votre rythme les 148 kilomètres du retour. Notez toutefois qu’au-delà du 35e kilomètre, la route n’est plus asphaltée et qu’elle est très étroite à certains endroits. Planifiez bien votre itinéraire et soyez prêt à braver la pluie, le brouillard et le vent!

Pour en savoir plus
nps.gov/dena/index.htm 


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