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 :  Antoine Stab

 

Actualité | Sylvie Marois : disparition de la « mère du tourisme d’aventure au Québec » - commentaire ( 1 )

21 Octobre 2014 par Antoine Stab

  • Sylvie Marois est la guide québécoise toujours portée disparue au Népal, emportée par une avalanche le 14 octobre dernier sur le trek des Annapurna, dans la région du Naar Phu, alors qu’elle guidait un groupe de cinq personnes (deux autres randonneuses ont aussi été emporté) pour la compagnie de voyage d’aventure montréalaise Terra Ultima.

    Pour la communauté des guides au Québec, ce n’est pas simplement l’un des leurs qui manque à l’appel. C’est aussi la perte d’une meneuse, passionnée avec 30 ans d’expérience, et fortement impliquée dans la communauté. « Elle a apporté énormément au métier de guide au Québec », confie Dominic Asselin, président d’Attitude Montagne, centre d'activités et de formation en escalade et alpinisme. « C’était l’un de ses chevaux de bataille : faire reconnaitre ce métier et les gens qui l’exercent, comme une activité professionnelle à part entière ». Renée-Claude Bastien, guide et présidente de l’Association des guides professionnels en tourisme d'aventure, ne dit pas autre chose : « C’était en quelque sorte notre mentor. Elle avait la vision de ce qu’était et devait être un guide professionnel. Rigueur, responsabilité, expertise, elle incarnait tout cela ». 

    C’est dans cette volonté de professionnalisation du métier de guide qu’elle collabore à la mise en place du programme de formation de guide en tourisme d’aventure au Cégep Saint-Laurent, en 2000. Comme enseignante et coordonnatrice, avec son collègue Jeff Thuot, elle aura vu passer et façonner 13 cohortes d’étudiants, dont Marie-Andrée Fortin, l’une des 4 membres du projet Karibu : « C’était une enseignante exigeante, qui demandait beaucoup à ses étudiants, mais cela donnait des résultats. Elle a changé nos vies en nous apportant du savoir-faire et surtout du savoir-être : comment bien se comporter, être professionnel ».

    Yannick Sisla a fait partie de la cohorte 2005-2006. Il se souvient : « La force de Sylvie était de pouvoir faire ressortir le meilleur de nous même, autant comme guide que comme personne. On a tous beaucoup appris et évolués à son contact. Entre étudiants, on disait qu’elle était la mère du tourisme d’aventure au Québec ». Une mère en charge de la « famille Saint-Laurent » comme l’appelle Marie-Andrée formation, qui aura « marqué une génération complète de guide en tourisme d’aventure », conclut Renée-Claude Bastien.

    La vie de Sylvie Marois était pleinement consacrée à la pratique du plein air : l’été en kayak de mer, l’hiver en ski alpin hors-piste. Quand on interroge les personnalités qui l’ont côtoyé, les mêmes adjectifs, tous élogieux, reviennent : passionnée, rigoureuse, impliquée, professionnelle... « Sylvie Marois a été une pionnière en kayak de mer » explique Bernard Hugonnier, directeur technique à la Fédération Québécoise de Canot et Kayak (FQCK). « Elle a été guide au Saguenay, à une époque la pratique en était à ses balbutiements. Son profil a beaucoup apporté pour la communauté de pagayeurs, car elle avait travaillé autant dans la formation avec la Fédération, avec Aventure Écotourisme Québec (regroupement des entreprises en écotourisme et tourisme d’aventure dans la province) et dans l’industrie. Elle a été un pont, un facilitateur entre ces différentes sphères, pour qu’elles se comprennent et travaillent ensemble ». Elle fut également la première au Québec à atteindre le niveau IV, qui sanctionne une maitrise quasi experte du milieu marin.

    Ce niveau de compétence se retrouvait également en hiver quand elle guidait en ski, notamment pour Ski Chic Chocs. On peut ainsi lire sur la page de la compagnie : « Secouriste en régions isolées. Niveau I professionnel en avalanche. 20 années d’expérience de ski, dont 10 ans en hors-piste ». Comme le confirme Dominic Boucher, directeur général du Centre d'avalanche de la Haute-Gaspésie : « C’était quelqu’un de qualifiée et d’expérimentée sur la question des avalanches, qui faisait oeuvre de beaucoup de rigueur et de discipline dans son travail. Toujours très concerné et intéressé par ce qui se passait ici. Un exemple à suive en tout ! »

    Randonnée, kayak de mer, ski hors-piste… Sylvie Marois avait plusieurs vies de plein air dans une seule vie. L’une d’elles a malheureusement emporté tout le reste.

    Crédit photos : extrait de la page Facebook de Sylvie Marois.

Actualité | Himalaya : quatre randonneurs canadiens tués dans une avalanche au Népal, trois Québécoises portées disparues - commentaire ( 0 )

15 Octobre 2014 par Antoine Stab

  • Une avalanche au Népal a emporté 17 personnes dans la région des Annapurna, dans le district de Mustang. Quatre Canadiens sont parmi les victimes. Dans le même secteur de la tragédie, dans la région du Naär-Phu, au nord-est des Annapurnas, deux randonneurs (d'un groupe de cinq) et leur guide expérimenté, tous les trois Québécois, sont également portés disparus.  

    « Les recherches sont arrêtées pour la nuit » explique François-Xavier Bleau, directeur des opérations de Terra Ultima, la compagnie d'aventure montréalaise organisatrice du voyage. « Nous ferons le suivi très rapidement avec les médias. Notre boulot d'aujourd'hui a vraiment été de parler aux familles et de rassurer les proches. Raison pour laquelle nous n'avons pas fait plus de communiqués. Il n'y a toujours pas de morts officiels ».

    Deux autres groupes, guidés par l'agence québécoise Karavaniers, sont aussi dans la région, mais heureusement sains et sauf. Ils vont évacuer demain la région en hélicoptère pour poursuivre leur trek dans un autre endroit, car les cols sont bouchés et impraticables.

    L'avalanche est due à de violentes tempêtes et chutes de neige qui ont touché la région, dans le sillage du cyclone Hudhud s'abattant sur l'Inde la fin de semaine dernière. Près de 200 personnes, randonneurs avec guides et sherpas participaient à une marche en montagne autour des Annapurna quand la tempête de neige les a frappé. Au total, environ 140 personnes manquent à l'appel, victimes de ces conditions climatiques.

    Au mont Dhaulagiri, septième plus haut sommet du monde ( 8 167 mètres d'altitude), une autre avalanche a emporté au moins cinq alpinistes, dont on ignore pour le moment leur identité et leur nationalité.

Actualité | Sylvain Burguet : Achille trahi par son talon - commentaire ( 0 )

14 Octobre 2014 par Antoine Stab

  • 530 kilomètres… 531…  532… 533… et puis, plus rien. Au sixième jour de son défi de 1 000 kilomètres entre Gaspé et Montréal, Sylvain Burguet s’est arrêté de courir. Lâché par la seule chose que l’on ne peut pas contrôler, la défaillance physique. Toute simple, toute bête, mais qui vous arrête net : une tendinite aigüe au talon d’Achille. Une douleur insupportable qui, comme pour le héros légendaire de la mythologie grecque, a mis fin aux espoirs de Sylvain.

    À lire aussi
    Gaspé-Montréal : 1 000 km de course en 10 jours

    « Prendre la décision d’arrêter fut difficile pour le moral », confesse-t-il. « Je suis forcément triste de n’être pas allé au bout, car j ai mis toutes mes tripes sur la table. Mais il y a aussi de la fierté. Celle d’avoir pu prendre le départ dans des conditions idéales : physiques, psychologiques et matérielles. Tous les facteurs étaient réunis pour que ce soit une belle expérience, dès le départ à Gaspé. Après, adviendrait ce qu’il adviendrait... »

    1 000 kilomètres de course à pied pendant 10 jours (du 26 septembre au 05 octobre), le défi était peut-être trop grand pour un simple mortel. Mais, pour Sylvain Burguet, il avait sa raison d’être, au delà de la performance sportive : « Le but était de réaliser ce projet ambitieux, qui pouvait faire peur, en équipe, avec une logistique et un collectif pour m’accompagner et m’aider. Chacun a donné son maximum. J’ai réussi à inspirer pas mal de personnes à travers ce que l’on a entrepris. On a vu la réaction du public sur le parcours et sur les 10 km de course ensemble qui finissaient chaque journée. Pour tous ces moments partagés, de par le dispositif mis en place, c’est une réussite ».

    À l’automne 2013, un an plus tôt, Sylvain Burguet avait réussi à rallier les 246 km qui séparent Montréal et Québec en 41 heures. Deux défis aux succès variables, mais qui montrent bien la trempe du garçon, toujours en train de pousser et repousser les limites de son corps. De ce défi, le coureur a beaucoup appris : « Dans les épreuves d’endurance, on dit souvent que, "quand il n’y a plus d’énergie, il y en a encore". Là, j’ai pu le vivre pleinement. Arriver à redémarrer le lendemain, après une nuit de repos, dans des conditions meilleures que la veille au soir. On réalise vraiment que le corps est une machine exceptionnelle. L’histoire n’est jamais terminée, tant qu’une défaillance physiologique n’intervient pour y mettre fin ».

    La machine a cédé après avoir « plusieurs fois frappé des murs » mais en arrivant toujours à les surmonter jusqu’au bout de l’épuisement. « J’ai vécu au quotidien le fait de rentrer dans un état méditatif pour être capable de continuer à courir. Tu sais que chaque journée qui passe, tu perds énormément de forces et d’énergie. Comment être capable de passer à travers la fatigue, quand tu as parcouru 300 km et qu’il t’en reste 700 à faire ? Il faut prendre le moment comme il vient, un pas à la fois, un bobo à la fois... Prendre son temps, ne pas s’impatienter pour arriver le soir à bon port. Toujours se répéter qu’un défi passe aussi vite qu’il arrive. Ce sont des expériences humainement inoubliables, avec le sens du collectif et du partage ».

    Quelques jours après la fin de son défi, subissant encore les séquelles physiques de sa course folle, Sylvain Burguet confiait son envie de retenter l’expérience : « Je suis un gars de défi. J’ai beaucoup d’idées et d’envie. Ça passe par la course, mais aussi par le vélo, la natation... Deux autres sports qui me tiennent beaucoup à coeur.  Gaspé-Montréal, je l’ai encore dans la tête, mais, dans les prochaines années, je veux surtout m’évertuer à transmettre ce goût du défi et au grand public. Leur faire vivre, à leur échelle, ce genre d’expérience ».

    Tel le Phoenix renaissant de ses cendres, on devrait donc très vite entendre parler de l’infatigable Sylvain Burguet !

    Le défi Sylvain Burguet en chiffres
    6 jours.
    533km parcourus.
    Plus de 700 000 pas effectués.
    42 650 calories brulées.
    22.5 litres de liquide consommé.
    30 heures de sommeil.
    35 sacs de glace utilisés.

    Encore plus
    La page Facebook du Défi

Actualité | Escalade : la tournée du Reel Rock Tour au Québec - commentaire ( 0 )

06 Octobre 2014 par Antoine Stab

  • Vendredi 3 octobre, débutait à Montréal la tournée québécoise du Reel Rock Tour 2014, tournée internationale de films d’escalade, organisée par la Fédération québécoise de la montagne et de l'escalade (FQME) dans la province.

    Contrairement aux autres années précédentes, un seul film était présenté au lieu de plusieurs courts-métrages. Et quel film ! Valley Uprising nous raconte l’histoire de l’escalade au parc national de Yosemite, à trois générations de grimpeurs : l’âge d’or, à la fin des années 50 et la rivalité des deux géants, entre le philosophe Royal Robbins (l’un des l'un des inspirateurs de l'éthique de l’escalade propre) et le rebelle Warren Harding (premier à réaliser l’ascension de The Nose sur la paroi El Capitan) ; celui des « Stone Master », dans les années 70 et 80, autant maître dans l’art de la grimpe que celui d’être stone ; Enfin, aujourd’hui, les « Stone Monkeys »,  dont Alex Honnold, qui réussit, 50 ans après la première ascension du Half Dome par Royal Robbins (en 5 jours), à graver ce dôme granitique en solo, sans aucune protection et en seulement 2 heures et 50 minutes.

    Soixante années résumées magistralement en 1 h 30 minutes pour une histoire épique, libertaire, anticonformiste, foutraque, irrévérencieuse, passionnante. On y rencontre des personnages hauts en couleurs, pour qui la passion de l’escalade n’avait et n’a pas de limites, avec un charisme (et souvent l’ego qui va avec !) aussi énorme que les sommets de granite qu’ils ont escaladés et les voies qu’ils ont ouvertes. Pour tous, néophytes ou grimpeurs aguerris, Valley Uprising est incontournable !

    Une soirée riche en émotion, des rires, de l’émerveillement et aussi de la tristesse… En marge du Reel Rock Tour et après la projection du film sur Yosemite, Ian Bergeron était venu présenter son court-métrage Sens Unique (22 minutes), sur la première ascension hivernale de cette voie peu connue mais très difficile, située dans le parc des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie (Charlevoix), par Yannick Girard et Louis Rousseau. Une projection dans un contexte particulier, le décès de Yannick Girard, 36 ans, retrouvé mort à son domicile, le 10 juillet dernier. À cette occasion, le réalisateur a effectué une collecte pour contribuer à la création d’un fonds d’études pour les quatre enfants de Yannick Girard.

    Le lendemain à Québec, les 200 places du cinéma Le Clap étaient toutes occupées. La tournée du Reel Rock Tour continue et sera à l’affiche le 16 octobre à Rosemère (Académie Ste-Thérèse - Campus Rosemère), le 23 octobre à Chicoutimi (UQAC, Auditorium P0-5000 au Pavillon Principal) et à Rimouski (Coop Le Paradis), le 5 novembre à Sherbrooke et le 20 novembre à Trois-Rivières (Théâtre du Cégep).

    Encore plus

    Tous les détails, prix et horaires sont à retrouver sur le site internet de la FQME : fqme.qc.ca/evenements/reel-rock-tour.html
    Si vous ratez les projections, les films Valley Uprising et Sens Unique seront visibles prochainement en ligne (payant pour le premier, en accès libre pour le second).

    Crédit photos : FQME
    photos top :  Valley Uptrising - Sender Films (
    capture d"écran)

 
 

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