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Guillaume Timmons, le dompteur de rivières

Mai 2008 par Joanna Prime

Guillaume Timmons a une passion dans la vie : l’eau. Plus particulièrement l’eau vive! Quand l’automne ou le printemps arrive, c’est le moment pour lui et ses amis de partir en kayak explorer de nouvelles rivières.

Depuis combien de temps fais-tu du kayak d’eau vive?

J’ai commencé l’eau vive dans le ventre de ma mère! Et comme mes parents étaient des canoteurs, une fois sorti, je les ai accompagnés. Nous avons parcouru des rivières et des lacs. Du coup, j’aime tout ce qui touche à l’eau. Je suis guide de kayak l’été au parc du Bic, tout près de Rimouski où j’habite. Mais depuis 10 ou 12 ans, j’aime les explorations un peu plus mouvementées. Avec Vincent Dubé, Denis Ouellet, Michel Lafontaine et Renaud Laflamme, j’attends avec impatience les crues d’automne et du printemps pour découvrir des rivières inexplorées. Ça prend un bon niveau pour faire ça. Il faut être à l’aise en R4. J’ai déjà dû passer deux rapides en faisant attention de ne pas me retourner, car ma pagaie était restée coincée entre deux rochers, ce qui m’aurait empêché d’esquimauter. Malheureusement, ce printemps, il n’y a pas eu beaucoup d’eau. Espérons qu’il y en aura plus cet automne.

Qu’est-ce qui t’attire dans ce genre « d’exploration » de rivières?

Ce que j’aime surtout, c’est de me dire qu’on est les premiers à descendre cette rivière. Avant nous, seuls les Indiens ont dû les descendre… et encore! Il n’y avait pas de descente sportive à l’époque. J’adore visiter de nouveaux paysages. Tout le milieu qui nous entoure est fantastique. On est seuls au monde, parmi d’immenses montagnes. Il n’y a aucun chalet, on ne voit personne. On n’a pas à attendre pour prendre des vagues ou aller dans les plus beaux endroits. J’aime que ce ne soit pas une autoroute pour kayakistes. Et puis, c’est un « trip » de gars : certains vont à la pêche, nous on va explorer des rivières. Le soir, autour du feu, on jase des évènements de la journée. On parle de toute situation qui a augmenté le stress, des erreurs qu’on devra éviter la prochaine fois. Toutes ces soirées sont mémorables.

Comment faites-vous pour « chasser » les rivières?

On recherche la pente! Dévaler une rivière, c’est un peu comme dévaler une pente de ski. On recherche des escaliers, des cascades, des chutes. Et la Gaspésie, qui est toute proche de nous, est un superbe terrain de jeu pour ça. Durant l’hiver, on analyse des cartes topographiques. On observe surtout les courbes de niveaux et on prend des notes. Au printemps, nous sommes prêts pour les expéditions! On s’informe avant pour savoir si la descente de cette rivière est permise. On se fiche pas mal de savoir si l’accès à la rivière est facile ou non. Ce qu’on regarde, ce sont les pentes et les rapides de difficulté R3 à R5. Mais si les rivières sont difficiles d’accès, c’est un plus. Avec les rivières les plus cachées, nous sommes sûrs d’être les premiers à la pagayer. On tombe alors sur des coins merveilleux où même les pêcheurs et les randonneurs ne vont pas.

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