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Malaria, giardia, choléra… Des souvenirs à rendre malade

Juin 2009 par Liette D'Amours

Fini le temps de l’imprudence. Le voyageur moderne insouciant risque de voir plus de salles d’hôpitaux que de pays s’il ne prend pas les précautions nécessaires avant de partir à l’aventure. Il y a des souvenirs qu’il vaut mieux ne pas ramener.

Les histoires de voyage ne font pas toutes rêver. Au retour d’un voyage, Catherine consulte son médecin de famille pour de fortes douleurs à une jambe. Il la traite pour une phlébite. Erreur : c’est la bactérie mangeuse de chair qu’elle a rapportée d’Amérique du Sud! Un spécialiste en santé voyage lui évitera de justesse l’amputation. Deux mois après un séjour en Thaïlande, Julien se sent fiévreux. Frissonnant et courbaturé, il croit d’abord à un rhume. Mais ni le temps ni les médicaments n’en viennent à bout. Alerté par du sang dans son urine, il décide de consulter. Résultat : la schistosomiase s’est infiltrée sous sa peau lors d’une expédition en rafting.

Près de 80 % des Québécois s’envolent vers l’étranger sans avoir reçu les vaccins recommandés ni même s’être renseignés sur les risques qu’ils peuvent courir dans les pays visités. Une situation dangereuse : « Les Nord-Américains ont tendance à croire que les conditions dans lesquelles ils se retrouveront seront les mêmes qu’ici », dit Jo-Anne Hudon-Duchesne, directrice de la Clinique Santé-voyage de la Fondation du CHUM. « La plupart pensent qu’ils s’en vont juste vivre un quotidien ailleurs. Ils se sentent rapidement en sécurité et adoptent des comportements qui les mettent à risque. »

Trois ans après son retour de Tanzanie, Marc éprouve des problèmes digestifs de plus en plus fréquents. Il ne tolère plus l’alcool, le café lui donne la nausée et les repas un peu trop riches le rendent malade. Trois parasites ont élu domicile dans son intestin, mais c’est une bactérie ramenée de Cuba qui permettra à son médecin de découvrir la présence des autres locataires. Convaincue qu’elle ne courait aucun danger dans les Caraïbes, Mélanie a refusé de se faire vacciner contre l’hépatite A avant de partir. À peine revenue, elle développe la maladie qui s’attaque avec virulence à son foie. En attendant une greffe, elle succombe faute de donneur compatible.

« Certains voyageurs sont mêmes prêts à croire n’importe quel touriste rencontré sur place plutôt que de suivre les recommandations données par leur expert en santé voyage », ajoute la Dre Dominique Tessier, directrice médicale en Santé-voyage chez Medisys et présidente de la nouvelle Société canadienne de médecine de voyage. « Si on leur dit là-bas d’abandonner leurs pilules contre la malaria en prétendant qu’il n’y a pas de danger dans la région visitée, ils le font! »

Autre mythe tenace : croire que l’immunité naturelle acquise dure toujours. Or, elle ne résiste que quelques mois : « Tous les Québécois courent un risque lorsqu’ils sortent des conditions sanitaires dans lesquelles ils vivent », affirme Nancy Lyons, infirmière bachelière et adjointe à la direction à la Clinique Santé-voyage de la Fondation du CHUM.

Et la réalité porte aussi au relâchement de la vigilance : en matière de santé voyage, le gouvernement du Québec défraie les soins reçus au retour de voyage, mais ne paye pas pour les vaccins recommandés au départ. « Le fait que ces services ne soient pas assurés par l’État laisse présumer qu’ils sont superflus. Or, ce n’est évidemment pas le cas », précise Jo-Anne Hudon-Duchesne. Ainsi, bon nombre de voyageurs au budget restreint s’envolent en décidant d’investir leur argent ailleurs. Une décision qui peut altérer considérablement le voyage…


Encore plus…

Clinique santé voyage de Medisys : 514 499-2772 • medisys.ca
Clinique Santé-voyage – Saint-Luc : 514 890-8332 • santevoyage.com

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