En voilier sur le Saint-Laurent
Au milieu du fleuve Saint-Laurent, le vent souffle à 30 noeuds, mais les rafales en font au moins 40. Notre voilier tangue tellement que le pont est par momentssubmergé d'eau. Les vagues percutent la coque avec puissance, ce qui nous permet de goûter un peu à l'eau salée du Saint-Laurent et de tester nos imperméables. Aujourd'hui, aucun autre voilier n'ira sur l'eau. Le rêve de partir à l'aventure sur les mers du monde à bord de son propre voilier peut semblerréservé à une élite de la voile. Pourtant, il est à la portée de tous. Depuis plusieurs années, je remettais à plus tard le projet de voguer sur les mers. En juillet dernier, l'occasion s'est présentée : en cinq jours, j'allais devenir capitaine.
Jour 1 - 24 août 2009
Cap-à-l'Aigle - L’eau est turquoise. Le soleil est chaud et splendide. Les algues flottent ici et là. Avec l’ambiance détenduede la marinade Cap-à-l’Aigle et l'air salin, on se croirait dans les Caraïbes. Une centaine de bateaux sont amarrés ici. Sur un superbe voilier, un vieux loup de mer prépare son gréement pour partir en mer. Un voilier entre dans la marina. Le capitaine est emmitouflé et coiffé d’une tuque. Dur retour à la réalité: il fait froid sur le Saint-Laurent, même au mois d'août!
Au bout du quai, Yvan, notre instructeur de voile, nous présente notre compagne de travail pour la semaine (en anglais, les marins parlent de leur bateau comme si c'était une femme). Aquila est un voilier-école de 26 pieds conçu aux États-Unis pour l’apprentissage. « La taille parfaite pour enseigner à quatre élèves », commente-t-il. Cette semaine,nous serons trois à bord de ce bateau de classe Colgate 26: Daniel, professeur de chimie à l'UQAM qui a toujours rêvé d'être un pirate, Richard, un bénévole du Festival plein air de Montréal qui a gagné ce cours de voile, et moi.
Gonflé à bloc, je suis prêt à affronter les mers. Mais je dois patienter encore un peu : la sécurité passe avant tout,et on doit apprendre un certain jargon avant d'aller sur l'eau. Étais, lofer, pataras, galhaubans, visdemulet, drisse, pennons, tourmentins, guindant, ralingueset j'en passe. Ces termes françaisn’ont aucune utilité à l’extérieur d’un voilier, mais ici, on doit les connaître par coeur. En quelques jours, on s’habitue à ces termes bizarres et tranquillement, on s'y fait. « Quand il y a une urgence, on doit rapidement donner des directives précises », justifie Yvan.
Vers 11 h, nous sortons en mer. Il n’y a pas de vent à la marina. Sur le fleuve, le premier cours débute avec des vents de 25 nœuds (46 km/h). Nous pendons deux ris (pour réduire la voile) et nous filons tout de même à une vitesse de plus de 7 nœuds (14 km/h). Ça semblepeu, mais quand le bateau gîte à plus de 45 degrés, l’eau froide et salée du Saint-Laurent nous éclabousse et des bourrasques de 35 nœuds nous cinglent, l’aventure devient intense. On file à toute allure. Et le spectacle est magnifique!
Le Saint-Laurent offre un point de vue unique sur Charlevoix,où les montagnes laurentiennes épousent les formes du fleuve Saint-Laurent. Les collines et les vallées verdoyantes forgées par la dernière glaciation s'alternent, laissant place ici et là à quelques champs dispersés. Les maisons perchées à même le roc du Bouclier canadien surplombent le fleuve. Les couleurs vives évoquent la chaleur charlevoisienne et invite à la découverte. De ce point de vue, je me demande pourquoi l'UNESCO a attendu jusqu'en 1988 pour reconnaître Charlevoix comme Réserve de la biosphère.
De temps à autre, des formes blanches jaillissent de l’eau. Les bélugas valsent un peu partout autour de nous. Le voilier semble les attirer avec sa longue dérive blanche. Contrairement aux bateaux à moteur, le voilier vogue aisément et calmement sur l’eau. Au bout d’un moment, une mère (toute blanche) et son petit (gris) viennent à notre rencontre. Ils respirent et jouent dans l’eau à moins de cinq mètres du bateau. Ils se rapprochent encore en poussant de petits cris et en se frottant sur la coque. Tout le monde est excité à bord. Le vent se lève de nouveau et on se met à filer à plus de 7 nœuds (14 km/h). « Trop vite pour que les bélugas nous suivent », selon Yvan. Mais ils persistent et foncent à toute allure pour passer encore quelques instants avec nous et que la magie du Saint-Laurent continue. Un phoque nous attend à l'entrée de la marina pour nous souhaiter la bienvenue.
Pas le temps de s'ennuyer de retour sur la terre ferme. Repas gastronomique, l'art présent un peu partout, balades en patins à roulettes sur le bord de l'eau et crème glacée au coucher de soleil. Depuis 1800, Charlevoix sait comment accueillir les touristes de partout dans le monde.
Commentaires (0)
- Aucun commentaire.
Calendrierpublier un événement
- Février 2012
-
8Fous de la nature à la Biosphère
21 janvier - 11 mars 2012 -
8Randonnée aux flambeaux à Québec
27 janvier - 23 mars 2012 -
8Nuit d'hiver sur les plaines d'Abraham
28 janvier - 12 février 2012 -
8Kayak - Pratiques libres en piscine
4 février - 28 avril 2012 -
8GRANBY / TOURNÉE BANFF 2012
8 février 2012




