En voilier sur le Saint-Laurent
Jour 3 - 26 août 2009
Pointe-au-Pic - Dès que j’ai ouvert l'œil, j’ai entendu le vent frapper contre les fenêtres de ma chambre et je me suis dit : « Ça va brasser aujourd’hui! » En déjeunant, je demande à Yvan si le vent est trop fort pour sortir en mer. Il me répond qu’« il n’y a pas de problème. Il faut que vous en profitiez pour ressentir comment le bateau réagit par gros vents et quels ajustements vous devez faire. Vous avez la chance d’avoir un instructeur à bord. » Bref, de plus en plus intéressant!
Aujourd’hui, aucun autre voilier n’ira à l’eau: il y a trop de vent. « Plusieurs marins ne sont pas à l’aise avec des vents de 30 nœuds, alors ils préfèrent ne pas sortir. Un cours permet aux élèves de pousser leurs aptitudes plus loin, car ils sont encadrés dans un environnement sécurisant où ils reçoivent des instructions. On leur fait vivre le vent. En répétant les manœuvres qui semblent plus difficiles, les élèves prennent confianceet s’améliorent rapidement.Quand on est bien préparé, les manœuvres ne sont pas intimidantes et il n’y a aucune raison d’avoir peur.On peut prendre 15 ans pour apprendre par soi-même des techniques que l’on voit dans un cours de cinq jours. »
Yvan est souvent seul sur l’eau avec ses élèves. Quand il est arrivé à la marina de Cap-à-l'Aigle, les autres marins croyaient qu’il était casse-cou, mais peu à peu, ils se sont aperçusqu’il revenait toujours sain et sauf et qu’il formait d’excellents équipiers et capitaines. « Plusieurs marins me demandent souvent de leur recommanderdes noms d’équipiers, car ils ont confiance que nos élèves sauront quoi faire en mer, peu importe la situation. »
La voile permet à la fois d’aller chercher des sensations fortes ou de relaxer pleinement et d'admirer la nature. Il suffit de bien connaître les conditions et la pratique du sport: « Chaque été depuis cinq ans, Rochelle et moi prenons deux mois de vacances pour se consacrer à l'école de voile », dit Yvan. Pour l'amour du sport, ils transmettent leurs savoirs et les outils nécessaires pour naviguer de façon sécuritaire. En plus d'offrir des initiations en mer, les cours de croisière élémentaire et avancée, Yvan propose un tout nouveau programme de régates qui permettra aux amateurs de voile de perfectionner leurs techniques tout en apprenant à courser. « On veut donner le goût aux gens de faire de la voile, de faire des courses, de voyager à l’extérieur du pays et de profiter pleinement de la vie. »
Pas besoin de s’acheter un voilier au gros prix pour faire de la voile. Faites le tour d’une marina et vous verrez que la majorité des marins recherchent des partenaires de voile compétents pour sortir plus souvent en mer. Il ne suffit que de donner son nom à la marina ou sur des sites web spécialisés. Et selon les besoins, la location d’un bateau peut être très abordable. Îles grecques, Caraïbes, Tahiti, Îles de la Madeleine, toutes ces destinations de rêve ne demandent qu'à être conquises.
Par moments, notre voilier avance à peine. On profite alors du paysage et des histoires de marins, de courses et de régates qu'Yvan nous raconte. Vétérinaire-dentiste de profession, Yvan est tombé dans la « potion marine » il y a maintenant 22 ans. « Il n'y a pas d'âge pour commencer à faire de la voile, et on peut en faire jusqu'à la fin de ses jours », raconte ce mordu pour qui la voile est devenue une passion instantanée dans la trentaine.
Il nous raconte qu'un bon marin est connecté avec les éléments de la nature. « Quand on apprend à faire de la voile sur le Saint-Laurent, on doit faire face aux marées, aux courants, aux grands vents, aux hauts-fonds, aux canaux étroits, à l’eau froide, à la circulation maritime, bref à toutes les difficultés. Après ça, on peut faire de la voile partout dans le monde ». Le marin connaît la topographie des montagnes et ses impactssur la puissance du vent, le lit du fleuve qui change la direction et la force des courants, l'influence de lalune et le soleil sur les marées, les astres qui dictent le chemin à suivre etles nuages qui annoncent la météo.
Après cinq jours aux commandes du voilier, je suis en confiance. Je comprends les termes. Je peux voir le courant qui tente de me déporter. Je lis sur le fleuve les bourrasques de vents qui se pointent à l'horizon. Je fais des ajustements et je sens le vent bomber mes voiles. Je suis en équilibre avec les éléments qui m'entourent. Distraitpar le quotidien, j'avais trop souvent remis l'apprentissage de ces « vraies choses » de la vie.
Encore plus
• Rendez-vous Charlevoix : 418 665-9898 • rendezvous-charlevoix.com
• Pour trouver une école de voile près de chez vous : voile.qc.ca
Le meilleur : La visite des bélugas. Être sur la même longueur d'onde avec la nature qui m'entoure. Ralentir. Profiter de la vie et des paysages de Charlevoix. Apprendre à maîtriser le bateau dans des conditions difficiles.
Le pire :Trop court. Je suis déjà accro. J'en veux plus...
Le plus bizarre : Dans les grands vents, seul le bateau d'étudiant se retrouve à l'eau. Faute de partenaires ou par manque de confiance, plusieurs voiliers restent à quai. Les plus beaux bateaux sont souvent des trophées plutôt que des jouets.
Infos pratiques
Saison : Juillet et août. Réservation obligatoire.
Groupes : Maximum de quatre élèves par bateaux. Trois bateaux disponibles.
Durée du cours élémentaire : Cinq jours
Coût : 650 $
Infos : (418) 665-9898 - www.rendezvous-charlevoix.com
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