Un trek avec de jeunes enfants
Quand on est partis avec nos filles de quatre et six ans pour un trek dans les Annapurnas, au Népal, notre guide et porteur s'attendait à ce qu'on revienne en pleurant après une demi-journée. Mais cinq jours plus tard, Marianne et Émilie ont terminé la randonnée en gambadant. Fatiguées, mais le sourire aux lèvres.
Il faut avouer que ce trek en famille était une idée de fou. À première vue, les enfants de cet âge ne sont pas faits pour marcher cinq jours, du matin au soir, au pied des plus hautes montagnes du monde. Mais on se sentait un peu fous. Nous nous étions jurés de revenir dans l'Himalaya avec nos enfants après être tombés en amour avec le Népal. Ces montagnes (et ce pays) sont une drogue dure. On y goûte une fois, on en veut tout le temps.
Notre rêve est devenu réalité en novembre dernier. On avait des frissons d'adrénaline quand le minibus déglingué nous a débarqués dans le village de Nayapul, le point de départ de notre aventure en famille dans l'Himalaya. Le but : faire une petite boucle en marge du fameux tour de l'Annapurna, un grand classique de la randonnée. Notre porteur, Dil, a sorti une machette pour découper un siège d'enfant dans son dokho, le panier que les Népalais portent sur leur dos. Marianne et Émilie allaient s'asseoir à tour de rôle dans ce « trône de princesse » pour les montées et descentes les plus abruptes.
Les filles ont marché presque toute la première journée. On a vite réalisé qu'il faudrait prendre notre temps. Chaque fleur, chaque poule, chaque petit chien, chaque âne croisé sur notre chemin devenaient un prétexte pour s'arrêter et s'extasier. Sans parler de tous ces cailloux et bouts de bois qu'il fallait bien ramasser. On n'abandonne pas comme ça des trésors si précieux. Il fallait aussi prendre notre temps parce que nos filles attiraient l'attention : ce n'est pas tous les jours que de petites blondinettes à la peau blanche et aux yeux bleus ou verts, venues de l'autre côté de la terre, traversent ces villages isolés. Tout le monde voulait leur parler, les toucher et leur faire des « guilis-guilis ».
On était pas mal crevés en arrivant en fin de journée au village de Tikhedunga, accroché au flanc d'une colline dénudée. Le menu de notre modeste gîte faisait plusieurs pages, mais, en fin de compte, rien n'avait changé depuis 10 ans : peu importe ce qu'on y commande, on se retrouve toujours avec un semblant de viande plus ou moins épicé, du riz basmati, une soupe aux lentilles, du chou, des patates et des oignons. C'est le dal baat (plat national népalais). Marianne et Émilie n'étaient pas sûres d'apprécier, mais elles ont fini par s'y habituer. On a dormi à poings fermés dans notre minuscule chambre en préfini, où le vent himalayen s'infiltrait de partout. Il fallait être en forme pour l'ascension du lendemain : 120 mètres de dénivelé. Ceux qui ont déjà fait de la randonnée savent que c'est une grosse, grosse journée. Surtout pour des princesses de quatre et six ans!
« Papa, je suis fatiguée », annonce Émilie après cinq minutes de marche. Et hop, dans le dokho de notre ami Dil. Cinq minutes plus tard, c’est au tour de Marianne d’être en sueurs et à bout de souffle. Et hop, Marianne sur les épaules de papa. Avec mon sac à dos de 80 litres rempli à ras bord, le poids était plutôt lourd. « T'as voulu emmener tes enfants dans l'Himalaya, ben ferme ta gueule pis marche! », me suis-je dit mentalement.
Mais j'étais euphorique, hypnotisé par la magie de l'Himalaya. Les sommets enneigés du massif de l'Annapurna qui se dressaient au loin me comblaient d'une joie profonde. Côtoyer ces pics de 8000 mètres, dans le silence immobile du petit matin, m'a rendu sans voix, comme lors de notre premier voyage ici. J'étais ému… et essoufflé! L'effort physique me donne des ailes. Et Dieu (ou Bouddha) sait que l'activité sportive, on avait les deux pieds dedans, sur le flanc de l'Annapurna.
Commentaires (0)
- Aucun commentaire.
Calendrierpublier un événement
- Mai 2012
-
176 à 8 à Vélo
16 avril - 11 juin 2012 -
17Randonnée urbaine et conversation anglais/français
19 avril - 28 juin 2012 -
17Les vendredis en plein air
20 avril - 8 juin 2012 -
1810e Grand Rasssemblement de kayak de mer
18 mai - 21 mai 2012 -
19Cours de perfectionnement en rivière
19 mai - 21 mai 2012




