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8 destinations de rêves

Mai 2010 par Collectif

Bolivie : Salar d'Uyuni
Le salaire du voyageur
par Marie-Soleil Desautels


Il faut jusqu'à douze heures d'autobus de La Paz pour atteindre le Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel au monde. Mais la récompense est à la hauteur : un endroit surréel où la verticalité de la cordillère des Andes disparaît au profit d'une horizontalité aux dimensions incomparables.


Le tapis blanc craque sous mon poids. Ni neige durcie, ni glace : c’est une croûte de sel. Il suffit d’y goûter pour s’en convaincre. La surface découpée en d’innombrables polygones s’étend à perte de vue sur 12 000 kilomètres carrés. Vestige d’un lac asséché à près de 3700 mètres d’altitude, il faut plisser les yeux pour contempler le Salar d'Uyuni, tant son éclat est aveuglant. Les couleurs se limitent au bleu et au blanc. J’avance, mais rien ne semble bouger. Cette illusion perdure, mon regard se perd, cherche en vain une excroissance terrestre. Seul ce vent qui fouette brise le silence. Aucun obstacle ne freine son élan.

Quelques taches osent troubler l’horizon : des montagnes noires, déformées par l'effet de mirage, permettent de m’orienter. Au moment où j'avance, de grands lacs illusoires se forment puis s’évanouissent. Mais voilà que dans ce désert stérile se dresse l’île Incahuasi, couverte de cactus. Du haut de ses dix mètres, l’un de ceux-ci trône depuis mille ans.

Plus loin, le volcan Tunupa (5432 mètres) rougit le paysage. Une légende aymara raconte qu’un mélange de larmes et de lait de Tunupa aurait formé le salar. Au pied du volcan, les villageois accueillent les gens jusque dans des hôtels de sel. De là, une journée de randonnée permet d'atteindre le cratère de Tunupa qui ne constitue qu’un des nombreux sommets accessibles de la région.

Compte tenu de l'immensité du territoire, la très grande majorité des touristes traversent le salar en 4x4 à partir d’Uyuni, le pôle régional de 14 000 habitants. Mais c'est le vélo qui permet le plus de profiter du salar. Il faut par contre être bien organisé (eau, nourriture, tente) et bien planifier son trajet vers les différents points d'intérêt (parcours de un à cinq jours). Bien que le choix soit limité, la location de bicyclettes à Uyuni est possible. Les premiers tours de roue ne sont pas de tout repos à cause du sable et des eaux saumâtres qui bordent l'ancien lac. Une fois sur l'étendue blanche, on peut alors rouler librement puis planter sa tente en plein no man's land – dure expérience pour les piquets! – ou encore dormir à Incahuasi.

Les touristes motorisés se déplacent généralement en groupe organisé et convergent vers les lagunes colorées autour du Salar, que teignent en rouge ou vert les algues et autres minéraux. Les cyclistes finissent eux aussi par s'y rendre, à force de volonté et de coups de pédale!

Notez qu'il vaut mieux oublier le vélo durant la saison des pluies (novembre à mars). Une mince couche d’eau recouvre alors le salar, pour un panorama tout aussi saisissant où le ciel voit sa beauté reflétée jusqu’à en perdre la raison. Le spectateur, lui, en perd l'horizon.


Repères
Billet d’avion : Aller-retour Montréal-La Paz autour de 1000 $
Prix d’un plat principal : Autour de 1,50 $

Salar en sursis?
Hormis l'exploitation de son sel, le Salar d'Uyuni contiendrait près de la moitié des réserves mondiales de lithium, minéral métallique de plus en plus utilisé dans les batteries de toutes sortes. On parle déjà de la région comme la future « Arabie Saoudite » du lithium. L'industrie touristique, elle, craint le pire.

Infos :
andes-amazonia.com • tupizatours.com

suite...

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