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La Corse à vélo : Défi sportif et dolce vita

Janvier 2007 par Mélanie Pageau

Pour le cycliste, la Corse représente un heureux mélange de défi sportif et de laisser-aller méditerranéen : des montées interminables, dans un décor grandiose bordé par la mer, au pays de la charcuterie fine, du brocciu et du vin de myrte!

Imaginez le paradis du cycliste : feux de circulation quasi inexistants, paysages doux et sauvages à la fois, chemins variés, défis pour les jambes… Imaginez l’enfer du cycliste : des cols à 1000 mètres, des montées qui s’étalent sur des dizaines de kilomètres, la chaleur, des routes sans accotement, des côtes jusqu’à 13 % avec 15-20 kilos dans les sacoches… La Corse à vélo, c’est un peu tout ça, mais le côté paradisiaque l’emporte largement!

J’y ai pour ma part vécu un véritable coup de foudre! Autant pour le cyclotourisme que pour la bien nommée « Île de beauté ». Cette beauté m’a frappée en cet après-midi du mois de mai sur la côte est du cap Corse. Après le montage de nos vélos et une sortie stressante de la ville de Bastia, mon chum et moi filons maintenant sur du bitume parfait, enchaînant les petits valons et les virages en épingle le long de falaises plongeant dans une eau turquoise. Un moment de pur bonheur.

Ce sentiment de liberté et de découverte au rythme du coup de pédale, me quittera rarement durant ce périple autour de la Corse. Même les cols, le vent, la route abîmée, les crevaisons et la grêle n’en viendront pas à bout. Chaque jour, je retrouve ce côté grisant de l’effort, la récompense après chaque tournant, le réconfort des petits villages accrochés aux falaises ou à flanc de montagne, la quotidienne baguette de pain et la dolce vita! Le soir venu, nous trouvons un joli campement, juché en bord de mer, et soupons devant le coucher de soleil, après nous être débarrassés de nos sueurs de la journée dans l’eau salée.

Tous les chemins mènent à la mer

Comment voir toutes les richesses que contiennent les 8681 kilomètres carrés  de cette île française, dont le littoral de 1034 kilomètres encercle des dizaines de sommets culminant à plus de 2000 mètres? Entre la côte ouest verdoyante et ondulée, la plate côte est et ses plages de sable blanc, la rocheuse pointe sud, le pittoresque cap Corse au nord et les montagnes sauvages et paisibles au centre, notre cœur balance.

De nombreux cyclotouristes se concentrent sur la côte ouest et certains, craignant les dénivelés, font quelques segments en train. Des athlètes cumulent quant à eux les cols de l’intérieur. Nous avons pour notre part choisi de parcourir l’île au complet, en improvisant selon l’humeur du jour, et en tentant quelques pointes vers l’intérieur. Malgré le vent dominant du sud-ouest (libecciu), le sens anti-horaire s’avère le plus intéressant parce qu’on roule du côté de la mer.

Au départ de Bastia, nous avons donc fait le tour de la Corse par le littoral, en enchaînant le nord, la côte ouest, le sud et l’est. Mine de rien, nous avons ainsi parcouru 1000 kilomètres en trois semaines, nous permettant même des incursions au cœur des hautes montagnes. À raison de 50 à 85 kilomètres par jour, on se la coulait douce… mais nous progressions à bon rythme, parfois le même qu’un groupe de motocyclistes!

Ce rythme permet de s’imprégner des lieux en traversant de petits villages montagnards haut perchés, en passant sur les ponts genois, ou en longeant les murets de pierre ou le maquis. Et un peu partout, des dizaines de tours et citadelles qui montent la garde sur les promontoires du littoral, nous font comprendre la nature de ce peuple Corse qui a dû se défendre des envahisseurs.

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