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Crédit : JaySi

Courir avec ses enfants : pourquoi pas?

Vous êtes un inconditionnel de la course à pied et aimeriez que vos enfants pratiquent également ce sport? Voici quelques conseils pour initier vos gamins à cette activité physique non seulement adaptée à tous, mais qui permet également de renforcer la qualité du lien parent-enfant!

Au départ, il est important de garder cette idée en tête : le jogging est amusant. D’ailleurs, dans la vie de tous les jours, les enfants courent souvent plus que les adultes. Ils sont donc habitués à bouger durant leurs jeux. Toutefois, ils le sont moins pour courir un parcours d’une certaine distance sans interruption.

L’Organisation mondiale de la santé recommande 60 minutes d’activités physiques par jour. Un bambin peut donc courir tous les jours avec son parent s’il le souhaite. Souvent, il s’agit d’une activité complémentaire aux autres activités sportives de la semaine.

Selon Yves Beauchamp, triathlète ultradistance, ultramarathonien et professeur de course à pied, il est important que la course demeure un jeu lorsque les plus jeunes commencent. « Faites jouer votre enfant à un sport. Vous pourrez ainsi vérifier son intérêt pour la course. Par la suite, allez à son rythme, encouragez-le. Il est plus fatigué une journée? Ce n’est pas grave, on se reprendra plus tard. »

Richard Fradette, entraineur du club d’athlétisme Lavironde à Montmagny, insiste sur l’importance de faire découvrir également d’autres types d’activités aux enfants : « Chaque sport a ses qualités et plusieurs sont de l’athlétisme déguisé, pensons notamment au soccer et à la natation. »

Des âges minimaux?

En ce qui concerne le moment pour débuter, il n’y a pas vraiment d’âge précis. On doit plutôt suivre l’instinct du bambin. « L’idée, c’est de commencer à faire de l’activité physique dès le jeune âge. L’enfant va se mettre à courir lui-même. Évidemment, dans les premières années, on ne fera pas de programme de course structuré, le but étant de courir autour du salon et un peu partout », explique Blaise Dubois, copropriétaire des cliniques de physiothérapie et médecine du sport PCN et clinicien spécialisé dans la prévention et le traitement des blessures en course à pied.

C’est pour cette raison qu’il est primordial d’intégrer le jeu. D’ailleurs, Blaise Dubois court avec ses deux filles de 7 et 5 ans depuis quelques années : « On part dans le bois, on explore de nouveaux chemins, on s’arrête sur le côté du lac pour manger du chocolat. Elles ont toujours hâte d’aller courir! »

Les gamins sont naturellement doués pour l’endurance, mais ils ont besoin de variété et de nouveautés. Bien que ses pulsations au repos comme à l’effort soient supérieures à celles de l’adulte, celui-ci récupère très rapidement. Pendant sa croissance, on constate parfois de rapides progrès ou au contraire une régression. C’est pourquoi il est important de revoir l’entrainement pour ne pas le décourager : « On doit s’ajuster à l’enfant, mais aussi lui faire prendre conscience qu’il est en santé, qu’il y a des avantages à courir, ajoute Yves Beauchamp. Changer le parcours est aussi une bonne façon de le motiver. Courir sur différentes surfaces comme le gazon, la terre battue, l’asphalte permet à l’enfant de bouger de façon différente. »

Selon Blaise Dubois, le coaching est de plus en plus populaire auprès des adultes. Toutefois, il n’est pas vraiment utile chez l’enfant parce que cette façon de faire rend l’activité moins intéressante et beaucoup moins ludique : « Il n’est pas nécessaire de lui dire comment courir. L’enfant développe lui-même sa technique. Toutefois, il est important de lui dire qu’il peut marcher quand il est fatigué. »

Mais pour s’assurer que les jeunes développent une bonne technique et qu’ils ne se blessent pas, on suggère d’opter pour des chaussures minimalistes : c’est-à-dire sans talon, sans support d’arche, les plus minces possibles et très souples. « L’enfant doit être le plus près possible du pied nu. Plus les chaussures de l’enfant seront minimalistes, plus il développera des pieds et des jambes solides », précise Blaise Dubois.

La course en famille : une expérience agréable

On voit de plus en plus de gens courir en famille. D’ailleurs, selon Richard Fradette, il y a cinq fois plus de coureurs aujourd’hui. « Les parents aiment faire courir leur progéniture et leur faire vivre le même “trip” qu’eux. Avant, on interdisait aux jeunes de moins de 14 ans de s’inscrire aux courses de 5 et 10 km. Maintenant, c’est possible. Toutefois, attention de ne pas faire courir de trop longues distances aux jeunes. En tant qu’entraineur d’athlétisme, j’ajouterais que plus tu travailles l’endurance, plus tu brises la vitesse. Il est donc préférable d’inscrire les enfants à des courses de 1 et 2 km. Il vaut mieux les faire travailler fort pendant 4-5 minutes que pendant 25-30 minutes. »

Courir avec son parent lors d’une compétition peut être intéressant pour le jeune, mais tout dépend de son profil : « Il y a des bambins qui sont très compétitifs, on le voit dès leur jeune âge. S’ils ne finissent pas dans les premiers, ils ne sont pas contents. Certains se découragent s’ils finissent derniers alors que d’autres y accorderont plus ou moins d’importance. En tant que parent, je crois qu’il faut passer le message qu’on court pour le plaisir, pour le dépassement de soi, mais pas pour battre ses amis, gagner et se retrouver sur le podium », souligne Blaise Dubois.

Habituellement, les enfants aiment beaucoup participer à ces petites compétitions, car ils ont la possibilité de faire comme les grands, mais aussi de se plonger dans cette ambiance. « Les jeunes aiment ça. L’aspect festif prime souvent l’aspect compétitif. Lorsqu’ils terminent la course, ils réalisent qu’ils ont accompli quelque chose », indique Yves Beauchamp.

Les bienfaits pour le jeune

Outre l’endurance et la bonne condition physique, le jogging permet au gamin de développer son attention. Dans un avis du comité scientifique de Kino-Québec, on affirme que l’activité physique a des influences positives sur la socialisation, la concentration, le rendement scolaire, la croissance et le développement sain, mais aussi sur l’estime de soi. De plus, elle réduit le stress. Richard Fradette mentionne que les jeunes qui courent sont souvent très concentrés par rapport à d’autres qui ne bougent pas : « Ils donnent un bon effort et ils sont capables de se centrer sur les tâches qu’ils ont à faire par la suite (scolaires ou autres). »


Et pour davantage de conseils quant à l'activité chez les jeunes enfants, consultez notre article Guidez vos enfants!

 
Commentaires (1)
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jubero - 11/07/2013 10:07
J'aime bien courir avec mes enfants, ils ont fait quelques courses depuis l'age de 3-4 ans. Ils ont toujours couru par eux-même et je n'en revient pas de voir tout les parents qui forcent leur enfants à courir. Ils les tirent par le bras jusqu'à l'arrivée, ils sont prêt à les soulever de terre pour qu'ils puissent parcourir la distance plus rapidement. Performance à tout prix pour les parents, pas pour les enfants. Vous auriez du entendre l'annonceur au micro à la dernière course des Lions À St-Thérèse, il n'arretait pas de dire au parent de lâcher leur enfants, qui se faisait tirer par le bras, l'enfant tombait car il n'était capable de suivre sa mère. C'est déplorable et ça devrait être interdit.

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