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SUP au parc national Kouchibouguac © Tourisme Nouveau-Brunswick

Sublime SUP à Kouchibouguac

Cordon littoral serpentant la côte du Nouveau-Brunswick, le parc national Kouchibouguac n'est pas attrayant que de nom : sa bordure côtière exceptionnelle permet de nombreuses incursions à travers dunes, barachois, tourbières et… culture acadienne. Survol en SUP!

Ce jour-là, un son bien particulier se fait entendre, que nous croyons façonné par les alizés de l’océan. C’est plutôt celui d’une centaine de phoques gris y ayant élu domicile. Nous contemplons depuis peu le panorama séduisant mêlé à l’air salin du parc national Kouchibouguac : l’appel à partir en excursion sur ces eaux peu exposées est puissant.

La rivière aux longues marées, ou Kouchibouguac en mi’kmaq, termine sa course devant une longue lande de sable façonnant son delta, créant par le fait même une protection devant le détroit de Northumberland. Mais ce sont pas moins de cinq rivières, deux baies et autant d’estuaires protecteurs s’immisçant à l’intérieur des terres qui se trouvent dans ce parc national. Les sports nautiques sont conséquemment l’ultime expérience pour savourer sa quiétude, tout en permettant la découverte de ses joyaux.

Arrivés au centre de location Ryan’s, en bordure de l’affluent, les possibilités de fuite (guidée ou non) en canot, kayak ou rabaska titillent. Ce sont finalement les planches à pagaie nouvellement offertes qui nous séduisent, s’arrimant fort bien avec le peu de courant et les vents légers typiques du cours d’eau.

Le jusant de la marée nous poussant allègrement, l’effort est minime et les hôtes nous accompagnant font oublier le temps : balbuzards et sternes viennent nous saluer, alors que nous nous enfonçons au cœur de la Kouchibouguac. L’eau salée envahit peu à peu les berges où la vase, grise et profonde, limite les possibilités d’arrêt; heureusement, la surface de l’imposante planche est propice aux pauses. Que l’on s’agenouille ou que l’on se couche dessus, le rythme est au diapason de celui de l’émissaire : plutôt tranquille et assurément contemplatif.

Au détour d’une pointe, la civilisation réapparaît. Un bateau de pêche encerclé de ses mouettes gloutonnes croise notre route. Son port d’attache se découvre plus loin : il s’agit de l’une des deux bases de pêche comprises à l’intérieur du parc, vestiges des anciennes bourgades qui s’y trouvaient avant que la bataille de Jackie Vautour et de ses concitoyens protestataires ait lieu.

Les amoncellements de caisses de homards et le déchargement de cette manne fraîche ont un effet magnétique sur nous. En nous dégourdissant les pattes, nos langues se délient avec les pêcheurs, qui nous offrent, avec un accent séduisant… d’acheter notre souper directement sur place! Le retour, avec la marée descendante et le courant, ne nécessite que peu d’efforts. Tant mieux, car la glacière de styromousse fixée aux amarres du stand-up paddle donne un azimut ouvrant l’appétit.

Notre séjour devait durer deux nuits, mais le charme de l’endroit de même que la multitude d’activités qu’on peut y pratiquer allongeront notre visite. Le réseau cyclable, plat et bien entretenu, s’allonge sur 60 kilomètres, souvent en gravier; il est aussi possible de se rendre acheter des fruits de mer au quai en moulinant. Quelques kilomètres dans un sentier tout-terrain sont offerts pour le vélo de montagne et le fatbike. La randonnée pédestre permet un point de vue privilégié sur des habitats fauniques riches en diversité.

La plage Kellys, à laquelle on accède grâce à un enchevêtrement de passerelles en bois surplombant les lagunes, où crevettes et bernard-l’ermite pullulent, est un incontournable. Le secteur offrant des couchers de soleil uniques, nous avons paressé le long de sentiers parsemés de lièvres curieux jusqu’à la nuit tombée. Étendus sur le sable avec comme trame sonore le ressac se brisant sur la grève, on savoure pleinement l’endroit désigné comme une réserve de ciel étoilé.

On nous avait dit que Kouchibouguac était l’un des secrets les mieux gardés de Parcs Canada; y mettre les pieds — surtout sur une planche à pagaie — fait plus que le confirmer. 


Vautour, le rebelle de Kouchibouguac

La création du parc néo-brunswickois a nécessité plusieurs expropriations, ce qui a entraîné la disparition de villages entiers. Jackie Vautour, résidant du hameau de Claire-Fontaine, fut l’un des plus farouches opposants au projet. À l’époque, les faibles sommes offertes pour les habitations ainsi que la cession des droits de pêche font monter aux barricades nombre d’Acadiens. Vautour deviendra leader d’un mouvement protestataire comprenant 228 familles qui mena à des émeutes. Cette longue bataille entraînera une compensation financière totalisant 1,6 million de dollars pour les expropriés. Depuis 2000, la loi canadienne empêche l’éviction des habitants lors de la création d’un parc national. 


Pratico-pratique

Prévoir un arrêt pour ravitaillement à Saint-Louis-de-Kent, où se trouve la seule épicerie à proximité (magasin général de base dans le secteur Ryan’s). Le parc est ouvert à l’année et il est très vaste : plus d’une journée est nécessaire pour en profiter pleinement.

À faire aussi sur place :

Culture Fabrication d’artisanat et cérémonies mi’kmaq au wigwam. Théâtre Sketches et présentations en plein air. Pêche À la ligne ou aux coques. Géocachette 6 caches à découvrir. Camping Tentes, VR et prêt-à-camper (tentes oTENTik). Info : pc.gc.ca/fr/pn-np/nb/kouchibouguac  et facebook.com/KouchibouguacNP


PARC NATIONAL KOUCHIBOUGUAC

Superficie
 : 238 km2

Année de création
 : 1969

Nombre de visiteurs annuels
 : 170 000 (2015-2016)

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