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Festival NORR : le tout-inclus du plein air

Les 17, 18 et 19 septembre 2021 se tenait à Vallée Bras-du-Nord, dans la région de Portneuf, la première édition d’un festival de plein air qui a marqué les esprits : le Festival NORR. Espaces y était. On vous raconte.


En ce soir de septembre, deux grands chapiteaux blancs ont été dressés sur un vaste champ de verdure, près de l’accueil du secteur Cantin de la Vallée Bras-du-Nord, près de Québec.

Autour de ces imposantes structures, des dizaines de pleinairistes réjouis s’affairent à monter leur tente tandis que des fourgonnettes aménagées se stationnent à bonne distance, à mesure qu’elles arrivent. Pendant ce temps, les uns s’exercent sur le mur d’escalade de bloc, les autres relaxent et discutent autour d’un feu de camp. Serait-ce le Cirque du Soleil qui s’installe pour une future représentation en pleine nature, ou Osheaga qui se délocalise? Ni l’un ni l’autre : c’est plutôt le festival NORR qui s’entame.


© Guillaume Milette

Si c’est la première édition, ce n’est toutefois pas la première fois que Vallée Bras-du-Nord accueille ce genre d’événements. Les organisateurs avaient déjà proposé un festival semblable, mais sous un autre nom : le Festival Basecamp, présenté par The North Face en 2018 et 2019.

Ce festival avait attiré environ 90 participants en 2018. L’année suivante, celui-ci avait eu lieu à guichet fermé, entraînant la venue de 350 personnes. Cette année, ce sont près de 500 adeptes qui sont venus gouter aux joies du plein air.


© Guillaume Milette

« C’est une sorte d’expérience de tout-inclus en plein air, explique Loïck Martel-Magnan, promoteur de l’événement au Québec. Les participants n’apportent que leur tente, leur matelas et leur sac de couchage. On s’occupe du reste : les activités, le prêt du matériel, la nourriture, les animations sur le site et le spectacle du samedi soir. »

NORR rassemble ainsi en un même lieu des passionnés de nature qui peuvent pratiquer ensemble un ou plusieurs sports, le temps d’une fin de semaine. La formule se résume en trois mots : « camping + activités + socialisation ».

Un festival pour tester et apprendre


© Guillaume Milette

La fin de semaine est divisée en trois blocs de temps. Pour chacun d’eux, on peut choisir entre une activité, un atelier technique ou une conférence. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le choix est vaste et qu’il y en a pour tous les goûts et pour tous les niveaux.

Deux types d’entrées sont proposées : l’admission « Découverte » pour ceux qui désirent s’initier à une activité et la formule « Autonome » pour les initiés qui pratiquent déjà un sport.


© Guillaume Milette

Il est ainsi possible de pratiquer l’escalade, le canot, le kayak, la randonnée (avec deux thématiques : bain en forêt et initiation aux savoirs de la nature), le vélo de montagne, la planche à pagaie, la via ferrata, le fatbike ou le canyoning. L’inscription se fait quelques jours avant le festival, par Internet, sur le principe du « premier arrivé, premier servi ».


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Les activités sont encadrées par des guides ou des experts qui dispensent leurs précieux conseils à ceux qui veulent s’initier ou se perfectionner. De quoi mettre le pied à l’étrier pour ceux qui ont toujours envie de découvrir un sport, mais qui ont eu une réticence, comme pour Andréanne avec le vélo de montagne.

« Cela fait longtemps que je voulais essayer le vélo de montagne, mais j’ai entendu des histoires d’horreur, de blessure, de mâchoire cassée, etc. J’appréhendais un peu, même si je suis impatiente d’essayer », confiait-elle avant d’enfourcher sa monture. Trois heures plus tard et de nombreux coups de pédalage en compagnie d’un groupe de néophytes qui ont découvert le bonheur simple de rouler sur les superbes sentiers de Vallée Bras-du-Nord, son sourire (intact) en disait long sur son expérience.


© Guillaume Milette

D’autres, comme Cécile, ont voulu se rassurer sur l’eau en embarquant dans un kayak : « J’en ai déjà fait une fois. Je voulais en refaire pour apprendre les techniques et être ainsi plus à l’aise dans ce genre d’embarcation. Encore plus sur ce plan d’eau, pendant la saison des couleurs, avec d’autres participants avec qui partager une énergie positive. Le seul inconvénient de ma matinée ? J’ai le cul trempé! »

Des activités, beaucoup d’activités!

Pour ceux qui veulent parfaire leurs connaissances théoriques et techniques, les ateliers constituent d’excellents lieux d’apprentissage. Et la liste est tout aussi longue! Au menu : survie en forêt, course en sentier, initiation à la pêche à la mouche, montage de mouches, cultiver son potager à la maison, faire de son enfant son meilleur compagnon d’aventure, cuisiner à ciel ouvert, escalade de bloc, mécanique de vélo, initiation à la slackline, trucs et astuces sur la conversion de son campeur, photographie, campement sans trace en milieux sauvages, yoga.


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D’une durée d’environ 1h30, ces ateliers mêlent efficacement théorie et pratique, comme ce fut le cas pour celui sur la survie en forêt.

Après 45 minutes à apprendre les rudiments du sujet comme les techniques de base, le choix du bon matériel ou encore les mesures d’urgence, les deux « profs dans le bois » ont séparé leurs étudiants du jour en trois groupes. La mission était simple : construire à plusieurs un abri de fortune et faire un feu. Chacun avait des rôles bien établis pour prélever autour d’eux ce dont ils avaient besoin pour construire la cabane, la paillasse et alimenter le feu. Certains avaient même des contraintes comme l’incapacité de parler ou un seul bras fonctionnel, le temps que le feu démarre. Si la nature a pu se montrer parfois capricieuse – l’un des deux profs est venu éteindre le feu avec sa bouteille d’eau pour simuler une averse localisée – la bonne humeur et l’esprit bon enfant furent toujours présents. On apprend toujours mieux ainsi !

Si on ajoute à ces activités et ces ateliers la possibilité d’assister à des conférences offertes par des personnalités du monde du plein air et de l’aventure comme la coureuse longue distance Anne Bouchard – qui y racontait son aventure épique de 635 km, 24 000 m de dénivelé positif, sur le SIA-Qc (GRA1) en 11 jours –la fin de semaine se remplit rapidement!

Un festival pour socialiser


© Guillaume Milette

« Le but du festival est le partage des connaissances, mais il se veut également un lieu de rassemblement des différentes communautés de plein air au Québec », rappelle Loïck Martel-Magnan. « Créer une chimie, un moment de partage entre des débutants et des initiés dans un événement participatif et inclusif ».

On l’aura compris : l’aspect social du festival est ainsi fort important; pratiquer, certes, mais pas seul. En groupe, avec d’autres, pour démultiplier le plaisir et peut-être même pour se faire de nouveaux amis.


© Guillaume Milette

« C’est cet aspect communautaire qui m’a attiré, confie Caroline, une participante. Le fait de pouvoir rencontrer des gens qui partagent le même état d’esprit, le même amour de la nature. Tout le monde y est heureux et de bonne humeur. J’y ai rencontré de nouvelles personnes que je vais certainement revoir pour continuer à tripper dehors ensemble! »

Comme tout bon festival, NORR compte aussi son volet musical. Le samedi soir, le groupe québécois Clay and Friends a ainsi enflammé le grand chapiteau avec sa musique « qui fait du bien ». Pour la plupart des personnes présentes – dont l’auteur de ces lignes –, c’était le premier spectacle depuis le début de la pandémie. Celui-ci transpirait de bonheur et d’exultation.


© Guillaume Milette

Et pour 2022 ?

Le festival NORR reviendra très certainement pour une nouvelle édition en septembre prochain, toujours avec le concept et l’envie de rassembler les amateurs de plein air en un seul lieu, le temps d’une fin de semaine.


© Pierre-Nicolas Lessard

Forts du succès de cet événement, les organisateurs du Festival NORR pensent déjà plus loin. Ils veulent faire croître l’événement, en visitant d’autres terrains de jeu avec plusieurs éditions estivales au Québec.

Mais, Loïc Magnan-Martel se veut prudent et humble : « On ne veut pas croître trop rapidement, pour ne pas voir disparaitre la magie et la bonne énergie du festival. Tout l’enjeu sera de dupliquer le concept ailleurs au Québec, sans y perdre son âme ».


© Pierre-Nicolas Lessard

D’ici là, c’est encore une fois à Vallée Bras-du-Nord qu’il faudra se rendre pour participer à cette folie douce en nature qu’est le Festival NORR. On ne doute pas que l’événement affichera une nouvelle fois complet… comme tout bon festival qui se respecte!


Le Festival NORR 2021 en vidéo

 

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