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  • Crédit: Mathieu Couture

« Stand Up Paddle » : Danser sur l’eau

Debout, nous surveillons les baleines du Saint-Laurent. Non pas d’un quai ou d’un bateau, mais sur une planche avec une pagaie à la main. Nouveau au Québec, le Stand Up Paddle (SUP) dresse le corps comme l’esprit.

Le vent nous confine dans une baie du fleuve Saint-Laurent. J’observe quelques phoques et jette des regards furtifs à la recherche de baleines dans le fjord du Saguenay. Depuis peu, je m’initie au Stand Up Paddle dans une atmosphère unique, au-dessus des eaux. L’expérience sensorielle plafonne. C’est bien là toute la particularité du SUP : danser debout au rythme de l’eau.

Juchée sur ma planche, mon regard lèche le paysage et plonge en profondeur dans l’eau. Je prends mes aises. Simple, le concept du SUP se résume à se tenir droit sur une planche et à se propulser grâce à une longue pagaie. Ce sport nautique est le cousin éloigné du surf : il est né dans les années 1960 à Hawaï : des beach boys offraient aux touristes de les photographier tout en gardant leur appareil photo au sec. Après tout, à quoi bon réaliser le trip de sa vie sans pouvoir le prouver aux collègues de bureau? Des instructeurs de surf en profitaient aussi pour observer leurs apprentis et garder un œil sur les vagues.

Depuis ces formes primaires, une gamme évoluée de pagaies et de planches s’est développée. Indispensables pour surfer, les vagues ne sont pas requises en SUP. Seul un plan d’eau calme est nécessaire, comme on en trouve tant au Québec. L’enthousiasme envers le SUP prend racine grâce à sa simplicité et à sa rapidité d’apprentissage. Et ce sport à faible impact s’adopte comme exercice de mise en forme global.

Allez! Debout!
Avant de braver le fleuve, l’initiation se déroule sur un lac. Avec près de 11 kg et un peu plus de trois mètres, la planche se transporte facilement sur la tête ou grâce à un trou au centre où l’on glisse la main. Patrice Lacroix, mordu de surf et amateur de SUP depuis deux ans, m’apprend les rudiments de ce sport. « Il faut avoir un minimum d’équilibre, le sens de l’aventure et aimer l’eau », résume le fondateur de l’agence de surf Poplandz. Avec les bourrasques, une chance que j’aime l’eau…

Au départ, je teste la stabilité de la planche qui dépend (outre l’équilibre!) de quatre facteurs : la largeur, l’épaisseur, le volume et le contour. Les planches se divisent en deux catégories. Celles qui sont longues, larges, volumineuses et avec une bonne glisse sont utilisées pour les plans d’eau calme ou par les débutants. De moindre volume, celles pour surfer les vagues sont plus courtes et moins larges; leur nervosité facilite les manoeuvres. Toujours selon la pratique retenue, la longueur de la pagaie se calcule en ajoutant de 15 à 25 cm à votre taille. Les coups gagnent en rapidité avec une pale étroite (17 cm), tandis qu’une pale large (25 cm) offre plus de puissance.

La position de base est assez simple : à la largeur des épaules, les pieds s’alignent côte à côte près du milieu de la planche. Avec le dos droit et les genoux légèrement fléchis pour amortir les mouvements, une main à la mi-longueur de la pagaie et l’autre sur la poignée, nous voilà prêts.

« C’est de l’aventure zen et c’est physique! », lance Patrice Lacroix qui surfe depuis près de 15 ans. Quelques coups de pagaie et me voilà qui danse – ou improvise des pas de danse – sur l’eau.

« Il faut se tirer vers la pagaie et non ramener la pagaie à nous », précise Patrice. Les muscles de mes cuisses et de mes mollets s’engagent. Les abdominaux, les muscles du tronc, du dos et des bras joignent le bal, sans avoir le choix de bouger au rythme des clapots. Si on s’y met, ça devient vite cardiovasculaire. Un entraînement idéal puisque tous les muscles travaillent ensemble avec équilibre et force. Fatigué? Trop de vent ou de courant? Pagayez assis, à genoux ou encore ramez avec les bras à plat ventre. Que ce soit pour un moment paisible ou de dépense physique, le SUP s’adapte à votre humeur.

Pour les surfeurs, kayakistes ou canoteurs, bien des notions déjà acquises s’appliquent pour manœuvrer en SUP. Reste à garder la tête haute, ce qui aide à conserver son équilibre, en plus d’apprécier le paysage de la journée.

Crédit: Mathieu CoutureSUP : zen ou éclaté
L’été dernier, Dave Collins (un adepte de SUP, de kayak et de surf) a navigué près de 100 kilomètres sur son SUP au nord de l’île de Vancouver durant quatre jours et demi. Son expédition ne lui a causé aucun mal de dos. Mais, avertit-il, lorsque les éléments se gâtent, le SUP est deux fois plus lent, plus difficile et plus fatiguant que le kayak de mer.

Et le SUP n’est pas aussi commode que le kayak pour transporter du matériel. « D’un point de vue logique, utiliser le SUP pour de longs trajets ne fait aucun sens comparé au kayak de mer », explique Dave Collins. « Mon but est d’avoir le maximum de plaisir, non pas de faire du sens! »

S’il qualifie de « drastiques » ses sorties de plusieurs jours – sans s’empêcher de récidiver au Mexique avec sa conjointe – il promet que les courtes sorties de SUP d’une journée voleront une grande partie du marché au kayak de mer. Selon lui, pagayer en SUP est plus dynamique qu’en kayak parce qu’il utilise le corps entier plus naturellement. « À la fin d’une journée, les effets bénéfiques sont supérieurs à ceux du kayak de mer », affirme celui qui fait du kayak d’eau vive et de mer depuis 17 ans.

« Le SUP est une expérience religieuse, presque comparable à Jésus qui marche sur l’eau! », poursuit Dave Collins. « La perspective offerte debout est un bond prodigieux! Il faut être connecté à son corps, à son équilibre ainsi qu’à l’instant présent. Il n’y a aucune meilleure méditation en mouvement! »

Pour s’initier
Il y a encore peu d’endroits où l’on peut se procurer l’équipement nécessaire au SUP au Québec. Après avoir longuement hésité, Christian Boulay, le directeur des achats de la boutique La Cordée, indique qu’ils introduiront « légèrement » le SUP pour être à l’affût des tendances. Sans plus. Christian Boulay croit que sa clientèle s’intéressera au SUP dans un cadre « ludique et récréatif sur un plan d’eau assez contrôlé ». Bref, davantage pour utiliser celui-ci derrière le chalet que pour aller taquiner les baleines où les aspects de sécurité ne doivent surtout pas être négligés. De son côté, MEC évalue présentement le produit.

Il est possible de louer l’équipement à l’école montréalaise de surf et de kayak de rivière KSF. Dès cet été, l’école organisera aussi des excursions de SUP dans la région de Montréal.

Quant à elle, Béatrice Deschamps, propriétaire d’Azimut Aventure, qui organise des expéditions en kayak de mer près du fjord Saguenay, jumellera le ludique aux baleines! Elle nous accompagnait lors de mon initiation et ne connaissait rien du SUP. La simplicité de l’expérience l’a convaincue : elle achètera quatre équipements pour juin et elle prévoit des sorties « contemplatives ». Elle croit d’ailleurs qu’elle pourra faire des sorties en SUP dans les baies lors de grands vents alors que le kayak y serait insatisfaisant pour les clients. Alors à vos pagaies!

Encore plus…
• supsurfmag.com
• supglobal.com
• kenalu.com
• poplandz.com


Soyez équipés!

Lorsque le SUP est utilisé pour se déplacer, la même réglementation que pour les kayaks de Transport Canada s’applique. Il faut donc avoir un gilet de sauvetage, une ligne de flottaison, une ligne d’attrape flottante d’au moins 15 mètres, un dispositif de propulsion manuelle, un appareil de signalisation sonore et des feux de navigation lorsque la visibilité est réduite. À ne pas oublier : une attache de sécurité entre la planche et votre cheville. Beaucoup moins pratique que le kayak de mer, il faut attacher tout ce matériel à la planche. Pour l’instant, peu d’options permettent de transporter le nécessaire autrement que de façon artisanale.

 

Planche
Polyvalentes et stables, lesplanches NSP SUP (11’’ ou 10’6’’) rendent le sport accessible à tous. Idéales pour les plans d’eau calme du Québec et aussi utilisées pour surfer. Attache de sécurité incluse.
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Source: NSP

Pagaie
En fibre de verre avec une pale assez large (21,6 cm), la pagaie GSI permet des coups performants. Vendue avec un sac protecteur. À voir aussi : les pagaies SUP de Werner.
GSI en fibre de verre│300 $
surfindustries.com
Source: GSI


Source: StohlquistVeste de flottaison individuelle (VFI)
Bon rapport qualité-prix, la VFI Wedge-E de Stohlquist permet une aisance de mouvement. Mais tout dépend de votre niveau de confort! Prévoir entre 100 $ et 175 $ pour un VFI.
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