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  • Crédit: Bernard Brault

3 questions à… Jasey-Jay Anderson

Est-il difficile de prendre sa retraite après avoir collectionné des titres de champion du monde et une médaille d'or olympique? Tout est relatif. Cette année, Jasey-Jay Anderson entreprend la production de planches à neige haut de gamme, tout en continuant d'exploiter sa petite bleuetière biologique dans les environs de Tremblant.

Comment fait-on le saut de la compétition d'élite à l'entrepreneuriat?

Dès 2003, je me suis mis à cultiver le bleuet sur un petit terrain déboisé. C'était avant tout une façon de me ressourcer avec ma blonde et mes filles, de retrouver un peu de paix en dehors du tourbillon des compétitions et des voyages aux quatre coins du monde. Et puis tranquillement, j'y ai trouvé une manière de redonner à la communauté qui m'appuie une « nourriture » un peu plus tangible que le seul divertissement du spectacle sportif. En termes pratiques, j'ai pu profiter des conseils de gestion des membres de ma famille – mon père et mon frère sont eux-mêmes entrepreneurs – et ainsi apprendre les bonnes bases pour me lancer en affaires.

 

Un bon compétiteur possède-t-il nécessairement un bon bagage technique pour fabriquer des planches?

Je ne sais pas pour les autres, mais pendant presque toute ma carrière, je me suis personnellement occupé de la préparation technique de mes surfs. Je considère que dans mon parcours, j'ai atteint le sommet de mes habiletés physiques bien avant de trouver la planche idéale pour m'exprimer pleinement. Si j'ai dû composer parfois avec les contraintes imposées par un manufacturier commercial, j'ai aussi énormément appris en travaillant avec des artisans avec lesquels nous mettions au point des planches sur mesure selon mes besoins et mes idées. Je leur suis reconnaissant, mais je sais que mon obsession pour la technique en a conduit plus d'un à s'arracher les cheveux!

 

À qui s'adresseront les surfs Jasey-Jay?

Dans un marché où le freeriding prend à peu près toute la place – et c'est aussi le cas au niveau de l'élite professionnelle –, je souhaite permettre à la discipline du surf alpin de sortir de sa marginalité et d'être pleinement appréciée. Nous allons donc produire exclusivement des planches pour le style alpin et le boardercross. J'ai travaillé particulièrement sur ce que j'appelle « l'interface » : la plaque intégrée qui relie le cœur du surf à la fixation, à la botte puis au surfeur. J'estime qu'une planche plus efficace peut permettre à un pratiquant intermédiaire d'améliorer sa technique et son plaisir. Nous amorçons lentement la commercialisation avec deux modèles et quatre détaillants québécois, car parallèlement, je veux faire du coaching et voir où cela peut me mener.

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jaseyjay.com

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