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  • © Francois-Guy Thivierge

Via ferraski, la nouvelle aventure des Palissades de Charlevoix

Il est possible que la via ferraski ne vous dise rien. L’instigateur de cette nouvelle activité en montagne, l’alpiniste François-Guy Thivierge, vous dirait que c’est normal puisqu’elle est unique au Québec. Le défi? Du ski hors-piste, de la via ferrata et une descente en rappel. Bref, une sacrée dose d'adrénaline et d'émotions fortes.

-Tu vois le belvédère tout en haut? C’est exactement là où l’on va. Prête?

© Michelle Pinsonneault

Prête, je n’aurais pu dire si je l’étais vraiment. Par contre, juste à penser qu’il me faudrait randonner en ski-raquettes jusqu’au sommet et, de là, traverser une vallée sur un pont suspendu, je ressentais de grands frissons et j’aimais la sensation. En prime, nous ne pouvions demander mieux comme conditions : température clémente, faible vent, gros soleil et de la poudreuse à profusion!

En préparant l’équipement, le guide me rassure en expliquant en détails ce à quoi nous allons nous attaquer. Le parcours de via ferraski se décline en quatre grandes étapes. Le vrai premier défi : l’ascension du sentier de l’Aigle en skis Hok. Une montée en peaux d’ascension de 2,5 kilomètres assez soutenue, mais qui demeure accessible. Elle peut sembler courte, mais la progression constante sollicite un bon cardio et une certaine agilité avec les skis lors de passages abrupts et plus athlétiques.

Dans le sentier, le rythme de montée s’installe et rapidement, j'adopte la dynamique « de bons coups de pas glissés pour une pause bien méritée! ». Le tracé est ponctué de chutes givrées, de buttes floconneuses et enchaine les points de vue donnant sur le fleuve Saint-Laurent, la rivière Noire ou encore la montagne des Américains.

© Francois-Guy Thivierge

Nous mettons près de deux heures pour atteindre le sommet et son belvédère. Après avoir longé la crête, nous nous attaquons à la deuxième étape de la journée : la via ferrata. Une fois les skis solidement attachés au sac à dos, nous enfilons harnais et mousquetons.

Rapidement, je découvre une autre facette de la montagne. Après la force physique et le cardio, la via ferrata demande maintenant agilité, méthode et un brin de courage. Je m'attache à la ligne de vie avec les deux mousquetons et prudemment, je progresse à flanc de montagne. Bien que le circuit soit relativement simple, la neige sur la paroi et le contrepoids de l'arsenal augmentent le niveau de difficulté.

© Michelle Pinsonneault

Une fois arrivée au pont suspendu, mon cœur s’emballe. Je suis littéralement suspendue à 200 mètres dans les airs! Malgré la frousse, j'avance pas à pas sur les planchettes de bois de la passerelle. Le vent brouille les ardeurs, la neige pique les joues et la splendeur de l’horizon est saisissante. Il n’y a pas de plus belle vue!

La traversée est à peine terminée qu'il faut faire face à la paroi. Lors de ce troisième volet, nous devrons la descendre en rappel sur 70 mètres de dénivelé. L’état d’ivresse monte d’un cran! Le guide enseigne les techniques tout en sécurisant l’équipement. Assis dans le harnais, je retiens mon souffle et bascule dans le vide pour quitter la plateforme. C’est le grand saut! Face à la montagne, les pieds sautillent sur le roc pour garder la stabilité tandis que la corde file doucement entre les mains.

Je reprends mes esprits au pied de la paroi après ce pic intense d’adrénaline. Il ne nous reste plus qu’à nous défouler dans la glissade naturelle pour rejoindre le chalet et terminer le parcours. Sans crazy carpet, je glisse sur les fesses, mon sac entre les jambes, les pieds droits devant en guise de freins et les mains comme gouvernail. Un abandon complet à glisser et à faire virevolter la neige. Impossible d’arrêter de sourire car tout ce que nous fait vivre la via ferraski est complètement planant!

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