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Maladie de Lyme : prévenir les piqûres de tique en randonnée

Même si la maladie de Lyme est de plus en plus présente au Québec, pas question de s’empêcher de sortir en nature, car de toute façon, la tique responsable se trouve peut-être déjà dans votre jardin! Il suffit juste de bien savoir se protéger. 

La coupable

C’est la bactérie Borrelia burgdorferi qui cause la maladie de Lyme. Elle est transmise par la tique à pattes noires, dénommée Ixodes scapularis. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) estime que 24 % des tiques étaient porteuses de la bactérie, en 2019, contre 18 % en 2018.

La migration

Opportuniste, la tique à pattes noires aime bien s’accrocher aux oiseaux migrateurs pour voyager des États-Unis jusqu’à nos latitudes, explique Virginie Millien, biologiste et chercheuse spécialisée en changements climatiques à l’Université McGill. Une fois au Québec, elle a tendance à s’agripper à la souris à pattes blanches, une hôte qui propage très bien la maladie de Lyme, ainsi qu’au cerf de Virginie.

C’est l’hiver qui limite la survie de la tique, mais avec les changements climatiques, sa zone de répartition endémique s’étend d’environ 10 km par an vers le nord. En 2018, 22 nouvelles municipalités présentaient un risque présent d’acquisition de la maladie, et 8 autres un risque significatif.

Cerner les risques

En regardant la carte de l’INSPQ, on se rend rapidement compte que la maladie de Lyme est bien établie au Québec. On la retrouve principalement dans les Cantons-de-l’Est et en Montérégie (82 % des cas déclarés en 2018), mais pas seulement dans les milieux naturels, car elle est de plus en plus présente en banlieue. Outre ces deux régions, le risque de contamination est possible dans quelques secteurs du Centre-du-Québec et de l’Outaouais. Si vous randonnez ou campez dans ces régions, redoublez de prudence.

Au moins un signalement a été fait dans certains secteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Gaspésie en 2017, mais il est fort probable que les tiques n’aient pas survécu à l’hiver. Aucun cas n’a été déclaré en 2018 et en 2019 dans ces deux régions, mais le risque de contamination est présent à Saguenay selon l’INSPQ. Il l’est aussi dans les Laurentides, en Mauricie, dans Lanaudière, dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches. L’Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine semblent épargnés pour l’instant.

De plus récentes données de l’INSPQ indiquent cependant que le risque d'infection est désormais présent dans d’autres secteurs plus urbains ou semi-urbains, notamment sur les îles de Montréal et de Laval ainsi qu’à Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Gatineau, Joliette, Victoriaville, Terrebonne et Saint-Jérôme.

Avant de sortir

Les recommandations qui suivent sont pertinentes pour toutes les activités de plein air, mais particulièrement lors d’un séjour en camping où l’on passe une période prolongée en forêt.

Couvrez-vous

Étant donné que les tiques s’accrochent à la peau, il est recommandé de se couvrir complètement le corps en optant pour des vêtements longs, des chaussettes, un chapeau et des chaussures fermées. Pour plus de précautions, on peut aussi rentrer ses pantalons dans ses bas et son chandail dans son pantalon. Porter des vêtements clairs aidera aussi à bien repérer les tiques.

Aspergez-vous

Pour réduire le risque d’être piqué par une tique, la Santé publique recommande d’utiliser un chasse-moustiques à base de diéthyltoluamide (DEET) ou d’icaridine. C’est aussi la recommandation de Frank Garcia, un adepte de course en sentier de Bromont, qui a contracté la maladie de Lyme à l’été 2017. « Elle m’a vraiment foutu à terre pendant trois mois », témoigne l’homme qui a reçu des antibiotiques pendant cinq semaines, dont deux semaines en intraveineuse, pour vaincre la maladie. 

Restez dans les sentiers balisés

Pour trouver un bon repas de sang, les tiques grimpent sur les végétaux et agitent les pattes avant en attendant la venue d’un hôte. En demeurant dans les sentiers, vous diminuez les risques de vous faire piquer. Près de votre site de camping, évitez le plus possible les herbes hautes et portez des vêtements longs si vous devez y aller.

Au retour

L’inspection de routine

De retour à la maison, prenez le temps de faire une inspection générale de vos vêtements, des enfants, des animaux de compagnie et de l’équipement (comme le sac à dos), et ce, à l’extérieur de la tente pour éviter d’introduire les tiques à l’intérieur. Prenez le temps de bien regarder dans les zones difficiles d’accès, comme les cheveux, le cou, l’aine, le nombril et les aisselles.

Si vous trouvez une tique

Vous devez retirer la tique le plus rapidement possible, car le risque de contracter la maladie est faible si la tique reste accrochée à la peau moins de 24 heures. Tous les détails pour vous en débarrasser de façon sécuritaire se trouvent dans le site suivant : quebec.ca/sante/conseils-et-prevention.

Symptômes

Si une rougeur circulaire s’agrandit de jour en jour sur votre peau et qu’elle dépasse 5 cm de diamètre, consultez un médecin rapidement. Les autres symptômes incluent la fièvre, la fatigue, les maux de tête, des raideurs à la nuque ainsi que des douleurs musculaires et articulaires.

Traitement

Si la tique est restée accrochée entre 24 et 72 heures, un traitement préventif est offert dans certains secteurs des régions des Cantons-de-l’Est, de la Montérégie, de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de l’Outaouais. Si vous présentez des symptômes sérieux, demandez à votre médecin de passer un test de dépistage. Si le test est positif, un antibiotique utilisé de deux à quatre semaines peut guérir l’infection. Le traitement de la forme avancée de la maladie est plus complexe et nécessite davantage de recherche, comme le soutient l’Association québécoise de la maladie de Lyme.


En chiffres…

  • 43 cas en 2012
  • 143 cas en 2013
  • 125 cas en 2014
  • 160 cas en 2015
  • 177 cas en 2016
  • 327 cas en 2017
  • 304 cas en 2018
  • 461 cas en 2019

Augmentation de 260 % de 2016 à 2019, et de 1072 % de 2012 à 2019


Ce texte est tiré du magazine hors-série Coup de pouce Camping

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