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  • Puy de Dôme, en Auvergne © Shutterstock

France : Rando au coeur des volcans d'Auvergne

Au-delà des Alpes et des Pyrénées, une majestueuse région est aussi fort prisée des amoureux de reliefs montagneux, au cœur de la France. Virée à vélo et en rando à la conquête des cols mythiques, des pics acérés et des décors naturels époustouflants du Massif central.

© Courtoisie Marie-Ève Blanchard

Poumon vert du Massif central, l’Auvergne pittoresque est émaillée de lacs, de rivières sauvages, de vallées profondes et de forêts anciennes. Des volcans s’y sont endormis il y a des milliers d’années, déployant depuis des reliefs spectaculaires de montagnes et de plateaux balayés par les vents.

Ciel nébuleux oblige, je n’aurai pas pu admirer au matin la vue depuis le sommet du puy de Dôme, le plus populaire de la chaîne des Puys, un alignement de 80 volcans s’étendant sur 32 kilomètres. J’ai plutôt randonné dans un épais brouillard qui ne laissait rien deviner des décors renversants qu’ont adoptés les randonneurs et parapentistes.

Heureusement, j’avais pu embrasser du regard la remarquable enfilade verdâtre depuis la roche Sauterre, la veille. Une courte randonnée mène en effet à une vue imprenable sur la chaîne, son puy mythique — reconnaissable à son antenne — et les campagnes gorgées d’une lumière mordorée.

En après-midi, une éclaircie sème de l’espoir dans ma conquête des volcans auvergnats. Avec mon accompagnateur, nous nous rendons au pied des puys de la Vache et de Lassolas, deux benjamins de la chaîne formant un duo impressionnant, avec leurs cratères égueulés en forme de croissant.

Après un parcours aisé dans les sous-bois, le terrain se dégage pour s’ouvrir sur un sentier plutôt raide. La montée dans la pouzzolane, une poussière rouge formée de projections basaltiques volcaniques, se fait plus ardue : elle glisse littéralement sous mes pieds. Au sommet, à 1187 m, je profite brièvement d’une vue sur la chaîne des Puys et les monts Dore, tandis que le ciel se dégage. Je peux même admirer une partie de la cheire d’Aydat, longue de 15 km, formée par la coulée de lave principale des deux volcans, qui a coupé le lit de la rivière Veyre en deux — créant le plus grand lac naturel d’Auvergne — et qui forme désormais un joyeux chaos rocheux recouvert de conifères.

Les deux crêtes rougeoyantes contrastent avec le paysage verdoyant et confèrent avec la brume un caractère particulier, voire mystique au volcan. Avant de redescendre le versant ouest dans des éboulis de roche volcanique rouge et noire, je sourcillerai en pensant que c’est sur ce volcan que Claude Vorilhon, alias Raël, a prétendu avoir fait sa rencontre avec les Elohim. Le sommet de Lassolas aiguise certes l’imagination, mais tout de même...

Vers le col de la Croix-Saint-Robert et le puy de Sancy

Chateau de Murol © Shutterstock

L’Auvergne compte son lot de cols à gravir, dont le plus haut du massif du Sancy, celui de la Croix-Saint-Robert, s’avère un incontournable pour les cyclotouristes. Accompagnée de mon guide, je pédalerai d’abord jusqu’au château de Murol dominant le village du même nom depuis son promontoire basaltique. Pas étonnant que cette forteresse y ait été édifiée : la vue à couper le souffle sur les environs confirme la position stratégique du château.

Du souffle, il m’en faudra beaucoup pour la suite. Nous irons d’abord rejoindre le lac Chambon, d’où on aperçoit le massif du Sancy. Pour le rejoindre, il faut pénétrer dans le sous-bois qui longe le lac à l’ouest avant d’entamer 15 km d’ascension. La route qui serpente en grands lacets arbore une pente qui n’excède jamais les 7 % pour 566 mètres de dénivelé. C’est raisonnable; il n’en demeure pas moins que la néophyte en selle en moi est impressionnée de gravir une route qui mène à un col du Tour de France.

Je m’arrête fréquemment pour reluquer le château qui ne cesse de rapetisser au loin et me régaler de la beauté de ces paysages typiquement auvergnats, avec leurs vallées champêtres, burons, vaches et autres moutons qui pâturent, avant d’atteindre finalement le col à 1451 m et de dévaler l’autre versant menant au Mont-Dore.

À la station, aussi populaire pour ses thermes, j’en profite pour m’approvisionner en victuailles régionales. Le Cantal et le Saint-Nectaire, deux incontournables et goûteux fromages auvergnats, me rassasieront pour la randonnée d’après-midi.

Limités dans le temps, nous privilégions ensuite une partie de l’ascension en téléphérique. Depuis la Bourboule, ce dernier franchit 450 m en 4 minutes, ce qui nous mène au pas de l’Âne, d’où il faut grimper une vingtaine de minutes avant d’atteindre les 1886 m, point culminant du Massif central.

Du toit de l’Auvergne, mon regard embrasse une enivrante mer de montagnes. Le panorama à 360 degrés offre une vue incroyable sur les crêtes acérées, les massifs volcaniques du Cantal, du Mézenc, de la chaîne des Puys, mais aussi sur les vallées glaciaires et le Forez, au loin. Pas moins d’un septième de la France s’offre à mes pupilles!

Nous enchaînons finalement avec une courte randonnée sur les crêtes avant de redescendre par le val de Courre pour aller rejoindre les vaches de Salers, qui paissent tranquillement en contrebas, au tintement de leurs cloches et au sifflement des marmottes.

Au-delà de l'Auvergne : Les crêtes du massif du Pilat

Attablée dans une auberge montagnarde, je me gave d’une marmite de poulet de l’Ardèche aux châtaignes et morilles. Les 19 kilomètres de vélo de montagne gravis au matin m’ont, pour ainsi dire, mise en appétit. Me voilà dans le parc naturel régional du Pilat (à 200 km à l'est des volcans), passerelle montagneuse sur les contreforts du Massif central, entre la région Rhône-Alpes et l’Auvergne. Accessible notamment depuis la ville de Saint-Étienne, à une heure de gare de Lyon ou de Clermont-Ferrand, le Pilat constitue un fabuleux terrain de jeu méconnu.

En matinée, j’ai quitté Saint-Étienne à vélo jusqu’au village de Rochetaillée. Brève halte pour admirer la vue et le défilé de la rivière Furan, depuis son château féodal, avant de quitter le bitume pour plonger dans quelques sentiers grimpants de terre, de roches et de racines, véritable paradis des amoureux du vélo de montagne. Une fois traversés de jolis paysages campagnards et le village du Bessat, j’atteins enfin le col de la Croix de Chaubouret, où je me sustente en prévision de l’après-midi.

Pour explorer les crêts du Pilat, sommets traversant le massif formant la colonne vertébrale du parc, je suis accompagnée d’Angoon, de Nitta et de Jean-Jacques Gibeau, fondateur de Kimudjuk. Spécialisée dans les excursions en traîneau à chiens, cette entreprise offre des sorties en cani-rando durant la belle saison. L’équipement de base est simple : une large ceinture portée à la hauteur des hanches, à laquelle on fixe la longe du harnais qui entoure le buste de son chien accompagnateur.

Nous atteignons d’abord le crêt de la Perdrix, culminant à 1431 m, avant de parcourir une dizaine de kilomètres jusqu’au crêt de l’Œillon. C’est le climat subalpin qui domine sur ces sommets dénudés tapissés d’immenses étendues de landes. Tandis qu’on chemine parmi les tourbières et les plateaux, je prends de plus en plus plaisir à guider Angoon à la voix. Je l’admets : j’étais sceptique, je n’y voyais qu’une balade accompagnée. Et pourtant, le chien nous entraîne vers l’avant, sa puissance nous propulse et invite à marcher d’un bon pas tout en nous incitant à accélérer la cadence dans un sentier grimpant.

Les panoramas se succèdent tandis que nous traversons une succession de belvédères dévoilant les sommets du Cantal, les monts du Forez et du Velay, ainsi que le populaire pic des Trois Dents. Nous atteindrons finalement l’Œillon, tristement flanqué de son relais de télévision blanc, mais offrant un panorama remarquable.

Avant le retour, je prendrai une pause dans une longue cascade d’éboulis rocheux, les chirats, ces vastes coulées de pierres formées lors des dernières glaciations et qui colorent et caractérisent le Pilat. La vue est grandiose sur la vallée du Rhône et les falaises du Vercors, et par temps clair, on voit très bien les Alpes et le mont Blanc se profiler en arrière-plan. Une excellente raison pour revenir...


Pratico-pratique

Puy de Dôme, en Auvergne © Shutterstock

- Entre autres transporteurs, Air France dessert quotidiennement Lyon (2 vols/jour) avec correspondance à Paris.

- Des trains circulent régulièrement entre Lyon-Part-Dieu et Saint-Étienne-Châteaucreux (trajet de 45 min) et Lyon-Part-Dieu et la gare de Clermont-Ferrand (trajet de 2 h 20).

parcdesvolcans.fr

Terres d’Aventure et Chamina Voyages offrent des circuits dans le parc des volcans d’Auvergne.

Auvergn’Attitude offre différents services d’accompagnement personnalisé en montagne pour une foule d’activités (rando, cani-rando, vélo de montagne avec ou sans assistance électrique, escalade, via ferrata, parapente, etc.).

Parc naturel régional du Pilat

Sport Évasion offre des services d’accompagnement en randonnée pédestre, en vélo de montagne, etc.
Kimudjuk propose également des sorties en cani-rando.

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