Rechercher dans le site espaces.ca
  • © Jeffrey Keenan, Unsplash

Le Sans trace… sonore!

Depuis un an, nombreux sont ceux qui se sentent importunés par des sons qui n’ont rien à voir avec la nature. Pourtant, le silence fait partie du bien-être en plein air.

Que faire quand on croise en forêt une famille qui chante à l’unisson ce qui semble être un chant de guerre? Quand un groupe de vététistes roule derrière soi au rythme de la chanson Eye of the Tiger, crachée à tue-tête par un ghetto blaster portatif harnaché au sac à dos du leader? Ou lorsque, arrivé au sommet, un randonneur manifeste bruyamment sa joie d’exister en énumérant la longue liste de ses « conquêtes » sommitales? Ou enfin quand, à la tombée du jour, le chant des oiseaux est étouffé par le jeu de sons et lumière de la machine à karaoké du groupe de jeunes installés dans le stationnement du camping? Que faire, donc ?


À lire aussi - Malappris du plein air : comment sensibiliser les gens


Cacophonie sur les sentiers!

© Ali Kazal, Unsplash

Depuis quelques années — et de façon encore plus marquée depuis la toute dernière —, la nature voit se multiplier les visiteurs, au point que cette liste précédente de mésaventures (faits vécus !) n’est que la pointe de l’iceberg des situations inopportunes que l’on rencontre désormais sur les sentiers. Si la plupart de ces nouveaux adeptes du plein air sont au fait (ou, à tout le moins, ont une idée générale) du code d’éthique de Sans trace, trop nombreux sont ceux qui ne saisissent toujours pas la profondeur du dernier des sept principes : « respecter les autres visiteurs ».

On nous le répète sans cesse et on le lit partout : rien ne vaut une promenade en forêt pour recharger ses batteries. Pour faire le vide et faire le plein tout à la fois. Les recherches scientifiques sont d’ailleurs unanimes à ce sujet : passer du temps en nature est associé à une foule de bienfaits sur la santé, qu'on parle d'une amélioration du sommeil; d'une meilleure concentration; d'une plus grande créativité; ou encore d'une diminution du stress, de l’anxiété, de la dépression ou des risques liés à plusieurs maladies. Dans l’une de ces études, on a même observé que des gens qui s’étaient prêtés à l’exercice d’observer un bosquet d’eucalyptus démontraient davantage d’altruisme que d’autres qui avaient regardé un gratte-ciel, et ce, après seulement une minute d’observation!


À lire aussi : Stress, anxiété... Tous les bienfaits de la nature analysés par la science


Néanmoins, pour se prévaloir de tous ces bienfaits, une condition sine qua non s’applique : le contact avec la nature ne doit pas être perturbé par des éléments extrinsèques, par exemple des voix humaines, de la musique ou des bruits de moteur. Ou, pour simplifier : tout ce qui est d’origine humaine. Car si l’humain est issu de la nature, dans sa version 2021, il a développé certains comportements qui cadrent mal avec son habitat d’origine. Pourtant, comme le rappelle Sans trace Canada, « plusieurs se rendent aujourd’hui en nature avec un seul but en tête : écouter le murmure de Dame Nature et s’intégrer au paysage ».

Certains équipements ont leur place en milieu naturel — vélo, réchaud, ski, tente de camping... —, car ils permettent aux gens de pratiquer des activités de plein air. Mais qu’en est-il des haut-parleurs, téléphones et autres jeux électroniques? Ceux qui s’en servent se privent de prendre pleinement conscience du lieu où ils sont et, en prime, ils risquent de ruiner l’expérience des autres.

Les chevreuils n’aiment pas le heavy metal


© Siska Vrijburg, Unsplash

Jamais le désir et le besoin d’aller dans la nature n’auront été aussi criants que durant cette dernière année. Les statistiques le prouvent : l’achalandage dans les parcs atteint des sommets records. Même chose pour la vente de matériel de plein air. Il est donc plus important que jamais, pour les pleinairistes, de prendre vraiment conscience des autres. Car s’il était facile de se sentir seul au monde en nature il y a quelques années, il en va tout autrement aujourd’hui.

Alors… que faire lorsqu’on croise sur son chemin des visiteurs de la nature qui ne respectent pas le septième principe du savoir-vivre en plein air? Il ne faut surtout pas se gêner de le leur rappeler, même au risque de se faire regarder de travers. Chaque fois que j’ai dû intervenir et demander à des gens de parler moins fort ou d’écouter leur musique avec des écouteurs, le regard des autres témoins de ces inconvenances n’exprimait qu’approbation et soulagement. Et je suis certain que si les corneilles et les porcs-épics pouvaient parler, ils m’auraient également remercié chaleureusement!


Les sept principes d’éthique de Sans trace en nature :

  1. Se préparer et prévoir
  2. Utiliser les surfaces durables
  3. Gérer adéquatement les déchets
  4. Laisser intact ce que l'on trouve
  5. Minimiser l'impact des feux
  6. Respecter la vie sauvage
  7. Respecter les autres visiteurs

© 1999 by the Leave No Trace Center for Outdoor Ethics. Adaptation française par Sans trace Canada.


À lire aussi : Randonner sans laisser de trace


Sans trace Canada résume très bien le septième principe :

  • Soyez respectueux des autres visiteurs et de la qualité de leur expérience.
  • Soyez courtois. Laissez le passage aux autres sur le sentier.
  • Laissez prédominer les sons de la nature. Parlez doucement et évitez d’être bruyant.
  • Et n'oubliez pas : du respect des six premiers principes découle nécessairement le respect du septième principe.
Commentaires (4)
Participer à la discussion!

SandraDD - 08/07/2021 10:09
Merci pour cet article! En tant qu'enseignante de plein air, je m'efforce d'enseigner les principes du sans trace à mes élèves. Cet article me permettra de mieux faire comprendre ce principe à mes élèves,
Par contre, je dois vous avouer qu'ils sont, en général, pas mal bons. Il est certain que c'est parfois difficile de retenir leurs cris de joie quand ils sont en sentier et surtout lorsqu'ils atteignent finalement le sommet. Et même si certains s'essaient toujours d'apporter leurs radios. Je trouve que ça donne l'occasion de renforcer l'enseignement et ça engendre de belles discussions sur le respect des autres et de la nature.
Ensemble, continuons l'éducation et la sensibilisation!
dlandry - 22/06/2021 09:31
J'ai beaucoup apprécié cet article qui permet de sensibiliser les gens au respect des autres visiteurs pour mieux profiter de leur expérience et préserver celle des autres. Cela me fait plaisir d'ajouter que Sans trace Canada est à mettre à jour son site web et que ce sera l'occaion de corriger des expressions plus ou moins appropriées comme « Les sept principes d'éthique de Sans trace ». C'est une expression que vous avez également reprise dans votre texte et qui a été utilisée un peu partout au Québec depuis les dernières années. Dorénavant, Sans trace Canada recommande l'appellation officielle « Les sept principes Sans trace » en conformité avec les règles rattachées à l'utilisation de la marque. De plus, « L'éthique du plein air » est recommandée quand il s'agira d'évoquer les fondements éthiques des sept principes Sans trace. Nous avons hâte de lancer le nouveau site de Sans trace Canada pour harmoniser les efforts de sensibilisationn et d'éducation auprès de la communauté plein air. À votre disposition pour plus d'information : Danielle Landry, chez De ville en forêt, fournisseur pour le programme Sans trace autorisé par Sans trace Canada.
Pat Auger - 22/06/2021 08:56
Pour approfondir vos connaissances visitez le site www.sanstrace.ca
Zialune - 22/06/2021 08:56
Excellent article qui rejoint totalement mes pensées. Merci!