Rechercher dans le site espaces.ca
Tour Peyrebrune Levezou © Dominique Caron

France : 9 jours de marche sur le GR de l'Aveyron

Champêtre : voilà le mot juste pour décrire le Grand Tour des monts et lacs du Lévézou, une randonnée qui parcourt une partie de l’Aveyron, là où le mode de vie des habitants des petits villages a gardé toute son authenticité. Compte-rendu de neuf jours de marche dans cet éden pour randonneurs solitaires.

Déjà, en covoiturant vers notre point de départ — le village de Pont-de-Salars —, la conductrice est surprise. Elle vient de cette région du centre-sud de la France, et n’est pas accoutumée à ce GR de pays (un sentier de grande randonnée destiné à la découverte d’une région précise) qui forme un circuit en huit : une boucle autour du lac de Pareloup et une autre autour des monts du Lévézou.

Elle nous dépose bientôt devant l’une des balises rouge et blanc de ce sentier de grande randonnée, que nous suivrons pour les neuf prochains jours. Nous cheminons sur de petites routes secondaires qui nous mènent ensuite sur des sentiers bien loin de la route et de la circulation routière.

Partout s’étalent de grandes étendues de verdure, tandis qu’au loin alternent vaches, chevaux, chèvres et brebis. Surtout des lacaunes, reconnues pour produire le lait utilisé pour fabriquer le roquefort, l’une des fiertés de la région. Les sentiers balisés du GR nous font d’ailleurs marcher sur les mêmes itinéraires que ces bêtes, qui passent d’un champ à l’autre. Impossible de ne pas mettre le pied dans les petits berlingots bruns qu’elles laissent derrière...

Après une pause sur le sentier pour grignoter quelques-unes des réserves que nous transportons, le ciel commence à s’assombrir. Sur le chemin de gravier, nous sommes un peu protégés par les arbres qui le longent. Et puis, ce qui devait arriver arriva... la pluie débute. Nous arrivons finalement au lac de Pareloup, où nous attend notre hôte Airbnb, Cathy, bien mal à l’aise de faire entrer par le garage ses deux visiteuses trempées jusqu’aux os.

Après une nuit au chaud, nous marchons vers Arvieu, à une vingtaine de kilomètres. Plusieurs fois, le balisage nous mènera en bourrique. Gauche ou droite? Les indications ne sont pas claires. Même notre petit topoguide indique des informations plus ou moins précises... Heureusement, j’ai mon cellulaire, sur lequel j’ai quelques données, ce qui nous servira à plusieurs reprises à nous réorienter. Car encore une fois, il y a davantage d’animaux que d’humains sur notre parcours. Difficile (voire impossible) de demander notre chemin…

Les problèmes d’orientation seront plutôt récurrents. Selon la journée, nous décidons d’opter pour des raccourcis en empruntant des routes départementales et ainsi nous épargner quelques kilomètres de détours…

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas

À au moins deux reprises, nous traversons des ruisseaux qui débordent. Nous serons encore davantage piquées par les orties qui bordent les sentiers que nous empruntons en forêt. Les genets jaunes, bien que magnifiques, nous fouettent les épaules et le visage tellement ils sont imposants.

Au jour 4 de notre expédition, nous dormons finalement dans un hôtel, seul hébergement disponible dans cette ville d’étape qu’est Salles-Curan. Le lendemain matin, nous passons à la boulangerie faire le plein de croissants et d’une spécialité locale : le gâteau aux noix. Ça fait changement des derniers villages, où il était difficile de trouver une table où nous restaurer. Heureusement, nous avions prévu un petit réchaud et quelques provisions.


À lire aussi : Sur la route des glaciers des Pyrénées espagnoles


Le lendemain, à Bouloc, c’est dans un hôtel figé dans les années 70 que nous passons la nuit. Un hôtel vide, car à vendre, mais où les propriétaires accueillent occasionnellement des randonneurs, des cyclistes et des cavaliers. Dans ce minuscule village, pas de restaurant, pas de bar, rien. La soirée s’annonce plutôt longue! Heureusement, nous rencontrons quelques villageois dans le parc où nous cuisinons sur notre réchaud, et les propriétaires de l’hôtel partagent avec nous leurs dernières bières.

Un peu de dénivelé pour finir

Les dernières journées se font entre monts et vallées, nous montons et descendons à travers des parcs d’éoliennes — l’Aveyron est l’un des départements français misant le plus sur ce type d’énergie renouvelable. Nous profitons de points de vue incroyables par de longues montées très douces.

À la fin de la journée, les jambes sont un peu plus fatiguées, mais la température est plus clémente qu’à ses débuts. L’après-midi, la chaleur de l’Occitanie augmente et il faut souvent remplir nos réserves d’eau. Attention : les sources sont plus difficiles à trouver qu’il n’y paraît…

Notre dernière journée s’achève avec une douce pente sur une quinzaine de kilomètres vers Ségur, où un autre véhicule de covoiturage nous récupère en fin d’après-midi… comme deux vraies comtesses!


S’y rendre

Le meilleur moyen de gagner la région demeure le covoiturage avec blablacar.fr. Les trains étant coûteux et pas toujours avantageux, optez pour la ville la mieux desservie (Rodez, par exemple) et demandez au conducteur s’il peut vous déposer à votre étape (si c’est sur son chemin). Trois aéroports internationaux servent aussi de points de chute régionaux : Montpellier, Toulouse et Marseille.

Hébergement

Il faut être prêt à expérimenter toutes les variétés d’hébergement. Les hôtels ne sont pas disponibles à toutes les étapes et à toutes les saisons, mais l’auberge du Bois du Four (boisdufour.com) comptait parmi les meilleures. Sinon, vous aurez des options de camping et d’hébergement sur Airbnb.

À voir

Sur toutes les étapes de ce GR de pays, on retrouve des musées, des châteaux et des points de vue panoramiques d’où on peut même apercevoir, au loin, le fameux viaduc de Millau. Si la température le permet, stoppez pour une baignade au lac de Pareloup.

Infos

levezou-aveyron.com/fr/bouger/gr-pays.php

gr-infos.com

Crédits : Shutterstock

Commentaires (0)
Participer à la discussion!