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  • © Léa Beauchesne

Charlevoix : Deux jours sur la boucle du mont des Morios

Se retrouver seuls au monde dans les sommets de Charlevoix, manger des bleuets jusqu’à plus faim, se baigner au creux d’une chute : la boucle du mont des Morios a tellement à offrir qu’il est tentant d’en protéger la tranquillité. Mais comme sa réputation commence à la précéder, allons-y! 

Jusqu’à la dernière minute, je croyais que je partais seule pour ma première randonnée en autonomie. Ah, puis non, pas cette fois. « Marc, veux-tu aller en rando en fin de semaine? C’est que 25 km sur deux jours… » Marc, c’est mon coloc. Il adore les montagnes et il nous adore, mon chien Nola et moi, alors les chances qu’il accepte de nous accompagner étaient plutôt élevées. 

Départ à 8 h de Québec, direction la zec des Martres, Saint-Aimé-des-Lacs, Charlevoix. Première escale : le petit dépanneur du lac Brûlé, arrêt obligatoire pour s’enregistrer et, surtout, pour prendre la carte que la dame derrière le comptoir vous offre. Prenez-la. Même si la randonnée est une boucle, même si vous pensez que vous n’en avez pas besoin. « Non, c’est beau, pas besoin, merci! » Ça, c’est moi, bienheureuse sans carte. Prenez-la, je vous dis. 


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Après quelques virages dans des routes cahoteuses, mais bien balisées, on arrive au départ du sentier. Comme j’ai déjà fait la première partie de la boucle lors d’une randonnée d’un jour, je sais que la première montée sera très exigeante. Mais surtout, que la vue à 360° qu’on aura au sommet vaut tous les efforts du monde. 

Après environ une heure de randonnée qui prend parfois des airs d’escalade, les massifs commencent à se dessiner aussi loin qu’on peut voir dans le ciel clair. Où sont les touristes qu’on croise dans les parcs nationaux? Pas ici. Quelques Québécois, deux ou trois Français du Plateau, c’est tout. La grosse paix avec vue. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Photos, photos, exploration du sommet, petit lunch et on repart. Encore un bon 10 kilomètres avant d’atteindre l’endroit où l’on a prévu de camper. Ah oui, et c’est bientôt qu’on aura besoin de la carte qu’on n’a pas prise. 

« Je vois plus le sentier, là… ». Ça, c’est Marc. Je ne le vois pas plus, le sentier. On tente quelques pistes potentielles sans trop nous éloigner, mais sans grand succès. La motivation fléchit. Et soudain, on tombe sur les deux Français qu’on a croisés un peu plus tôt. Ils nous ramènent vite fait sur le droit chemin. La fameuse carte nous aurait permis de voir qu’on quittait la boucle pour nous diriger vers le mont du Lièvre. 

Les prochains kilomètres nous réservent plusieurs montées et descentes ardues. Alors que notre énergie commence à être plutôt basse, on arrive au sommet du tant attendu mont du Gros Castor, là où on campe. On a parcouru un peu moins de la moitié du trajet, selon le GPS. 


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C’est toujours la meilleure récompense que d’arriver au campement et de découvrir le paysage enchanteur qui nous accueille pour la nuit. OK, ça et enlever ses chaussures de rando. 

Les derniers rayons de soleil font leur chemin à travers les nuages qui commencent à nous envelopper pendant qu’on installe notre campement. Tout en bas, un petit lac qui capte lui aussi ce qu’il reste de lumière. Autour, les montagnes nous protègent du reste du monde. Pour un court moment. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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La pluie nous force bientôt à nous réfugier dans la tente. Pas bien grave, un petit verre de vin, un repas (froid) et de bons fous rires, c’est suffisant pour s’endormir doucement, la tête remplie des paysages collectionnés durant la journée. Même Nola ne rouspète pas pour s’installer en petite boule dans la tente. 

La deuxième journée s’annonce beaucoup moins éreintante. Après une heure d’efforts, on amorce déjà une longue et tranquille descente le long de la rivière, qui nous assure un accès en tout temps à l’eau (qu’il est toujours préférable de traiter). Après une petite pause-dîner à nous baigner les pieds dans une chute, on s’attaque aux derniers kilomètres. 

Bien que cette portion du trajet s’avère plus facile, elle est aussi moins excitante quand on est amateur de sommets – et elle peut même paraître longuette. Le soleil tapant nous motive à accélérer le pas pour avaler les derniers kilomètres. 

On arrive vers 14 h au stationnement, après cinq heures de marche pour cette deuxième journée. Le sentiment d’accomplissement se mêle doucement aux endorphines pour nous baigner dans cet état de bien-être postrandonnée. 

Les Morios resteront l’une des plus belles randonnées que j’aie pu faire au Québec. Mes proches connaissent mon obsession des montagnes de la Gaspésie, mais la splendeur de la zec des Martres réussit à me les faire oublier un tout petit peu, à seulement deux heures de Québec. 

Maintenant, c’est l’heure de la poutine. 

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