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  • Porteur de la flamme pour les Jeux Olympiques de Pyeongchang © Shutterstock

Mylène Paquette : La persévérance, entre ténacité et résilience

Lors des derniers Jeux olympiques d’hiver, j’avais à peine retrouvé mon équilibre à la suite de ma traversée de l’Atlantique à la rame que j’avais déjà les yeux rivés sur mon écran d’ordinateur pour vivre l’événement en direct.

Depuis des décennies, les Jeux olympiques fascinent. Ils représentent le summum du succès et de la performance et nous incitent tous, athlètes ou non, à aller au bout de nous-mêmes. Ils nous amènent aussi à nous poser plusieurs questions.

Ainsi, on sait que la réussite dépend de plusieurs facteurs, mais lequel est vraiment essentiel? Pour que tant d’athlètes amateurs puissent s’améliorer et atteindre leurs objectifs, il doit bien y avoir une recette. Mais laquelle?

En fait, les qualités que partagent tous ces sportifs sont sans contredit la détermination et la persévérance. Ce qui nous amène à nous demander : comment devient-on persévérant?


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Persévérer, c’est être assidu et demeurer constant dans la réalisation d’un objectif précis, souvent difficile à atteindre. C’est l’art de demeurer ferme dans sa façon d’agir et de penser, malgré les embûches. C’est persister, voire s’acharner en vue d’atteindre son but.

J’offre beaucoup de conférences dans les écoles primaires et secondaires, et s’il y a un terme à la mode dans ces milieux, c’est bien la persévérance!

Je me souviens du discours voulant que, du temps où j’étais petite, la persévérance soit la clé du succès. Toujours un peu frustrée de ne pas vraiment comprendre le sens du mot lui-même, je me questionnais souvent à savoir si c’était un trait de personnalité, une qualité ou simplement une aptitude que l’on développe avec le temps.

Naît-on avec une certaine dose de persévérance, peut-on l’enrichir graduellement au cours de sa vie, ou croît-elle avec l’usage?

Sinon, comment devient-on persévérant? Est-ce qu’entendre constamment des adultes nous encourager à le devenir permet de développer cette aptitude? Peut-être que de rencontrer quelqu’un de persévérant nous influence et nous aide à l’imiter…

On répète souvent que la persévérance demande de la discipline, des efforts, de la constance et de la détermination. Et souvent, la détermination frise l’entêtement, l’obstination.

S’obstiner, ne pas céder à la tentation d’abandonner.

En fait, la persévérance résulte d’un subtil mélange entre la ténacité et la résilience.

Durant mes aventures de navigation, j’ai souvent entendu les membres de mon équipe au sol ou ma famille me dire de tenir bon, de ne pas lâcher.

Ne pas lâcher, c’est garder le cap malgré l’adversité. Garder le contrôle de la moindre des choses qu’on peut maîtriser. Maintenir à flot notre désir de continuer.


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Au centre de l’océan, au milieu des tempêtes et des vagues de 12 mètres, il m’a été bien plus facile de constater que tout ce sur quoi je pouvais exercer un contrôle était à l’intérieur de moi, et non pas à l’extérieur.

Ma grande aventure m’a permis de réaliser que les seules choses sur lesquelles je peux avoir de l’ascendant demeurent mon comportement, mes pensées, mes agissements et, par-dessus tout, mon attitude.

Persévérer, c’est continuer, contre vents et marées, avec la meilleure attitude qui soit. Nourrir une belle attitude permet de soutenir une situation difficile sans faiblir intérieurement.

Bien qu’on ne doive jamais abandonner sa meilleure attitude, réussir demande aussi de lâcher prise, au moins un peu. Antonyme de l’entêtement, le lâcher-prise permet de laisser tomber au bon moment, de s’économiser, de se recentrer. De demeurer positif dans l’adversité.

La résilience, un terme à la mode emprunté à la physique des éléments, décrit l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale. C’est, en d’autres mots, la capacité qu’on a de retomber sur nos pieds après un choc, une défaite, un abandon.

Je suis d’avis que, pour atteindre le succès, on doit certes persévérer, mais on doit aussi participer avec la meilleure attitude qui soit, même quand tout est joué d’avance.

Parce que, comme le disait Pierre de Coubertin lui-même, l’important, c’est de participer! Et participer commence à l’intérieur de soi, en animant sa flamme pour ses passions, qu’elles soient en pleine nature, sur un circuit de ski acrobatique ou dans un aréna froid.


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Ce qui est inspirant chez les athlètes des Jeux, ce sont leurs histoires et leurs combats personnels, mais aussi de savoir comment, malgré l’adversité qui s’est présentée à eux, ils ont pu vivre leur passion jusqu’au bout d’eux-mêmes.

Que ces Jeux vous insufflent une volonté d’entreprendre et de poursuivre quelque chose de significatif pour vous avec ténacité, détermination et… un peu de lâcher-prise, là où il en faut.


Mylène Paquette est navigatrice, communicatrice, animatrice… et plein d’autres choses. En 2013, elle est devenue la première aventurière des Amériques à traverser l’Atlantique Nord, à la rame et en solitaire.

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