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15 conseils pour s’améliorer en ski de randonnée

Le ski de montagne (ou ski de randonnée, qui se pratique hors-piste) ne cesse de gagner en popularité partout au Québec. Pour aider les néophytes à maximiser le plaisir dans la poudreuse, Espaces a demandé des conseils de pros à quatre adeptes aguerris. Voici ce qu’ils avaient à nous dire.

1. Bien planifier sa sortie

Une bonne préparation permet de maximiser le plaisir tout en réduisant les risques. Il faut donc bien connaître le niveau d’expérience et de formation (avalanche, premiers soins, survie en forêt) de chacun de ses partenaires pour choisir le terrain approprié. Prenez aussi le temps d’étudier les cartes topographiques et emmenez-les avec vous. Avant de partir, consultez les bulletins de neige et météorologiques.

2. Ouvrir le chemin dans la poudreuse

Après une grosse bordée de neige, faites des rotations lors de l’ascension pour partager l’effort. Pour ouvrir la piste, il faut faire des pas de marche pour écraser la neige, mais tous les autres skieurs devraient plutôt privilégier la glisse. Pour optimiser davantage les efforts, faites de petits pas, ce qui maximisera l’adhérence des peaux.


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3. Choisir son angle d’attaque

Même si vous êtes bien excité à l’idée de profiter de la poudreuse, choisissez un angle de montée modéré. Ceci vous permettra d’éviter de glisser et de mieux conserver votre énergie pour faire plus de descentes pendant la journée. Si vous devez utiliser la talonnière, c’est que votre angle d’attaque est trop abrupt. Prenez aussi le temps d’évaluer les dangers potentiels et choisissez une ligne sécuritaire, à l’abri des risques d’avalanche.

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4. Gérer l’humidité en multi-couches

Pour être confortable en ski hors-piste, il faut éviter de transpirer, car des vêtements humides peuvent rapidement devenir un problème si on se retrouve exposé aux grands vents ou si on est à l’arrêt trop longtemps lorsqu’un ennui technique survient. La meilleure façon de le faire, c'est bien connu, est de s’habiller en pelures d’oignon, c’est-à-dire enfiler plusieurs couches de vêtements. Dès qu’on commence à avoir trop chaud, c’est le temps d’enlever une couche... qu'on remet dès que les frissons reviennent. Enlevez, ajoutez ou ajustez ainsi vos vêtements pour arriver au sommet bien au sec. À moins qu’il ne fasse vraiment froid, il est aussi préférable d’enlever son casque et de ranger ses lunettes dans son sac à dos pour éviter qu’elles s’enneigent ou se couvrent de buée.


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5. Ralentir pour en faire plus

Rien ne sert de courir, il faut partir à point : telle est la meilleure devise pour conserver son énergie et éviter de surchauffer lors de l’ascension d’une montagne en ski. Il est préférable d’adopter un rythme lent et constant plutôt que d’avancer rapidement en faisant plusieurs arrêts.

6. L'art de la conversion

Comme il faut éviter de monter des pentes trop abruptes, on doit également tracer le chemin de sa skintrack en zigzaguant. Pour changer de direction, il faut bien maitriser la technique de conversion (swithback). Lorsque l’angle de montée est modéré, les conversions peuvent se faire en douceur de manière arrondie. Si vous voulez pratiquer une technique plus avancée, voici comment procéder. Il faut d’abord dépasser légèrement le point de virage pour se donner suffisamment d’espace de travail. Il faut ensuite déplacer le ski intérieur et l'orienter vers l’endroit où vous voulez aller. En vous appuyant sur le ski en amont, soulevez ensuite le ski en aval en faisant un léger mouvement vers l’arrière, puis ramenez le ski parallèlement à l’autre. Pour visualiser le tout, regardez la vidéo qui suit.

7. Laissez tomber les dragonnes

Lors de l’ascension, il est inutile d’enfiler les dragonnes des bâtons de ski. Ainsi, il est possible de changer la position de la main sur le bâton en amont pour rester au niveau sans changer constamment la longueur du bâton. Lors des descentes en milieu forestier, il est aussi recommandé de retirer les dragonnes des poignets pour éviter de s’arracher une épaule si un bâton reste coincé dans un obstacle.

8. Bien distribuer le poids

Lors de l’ascension, il faut faire confiance à la traction des peaux en distribuant bien le poids sur tout le pied, au lieu de concentrer le poids sur les orteils.

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9. Des crampons pour les milieux alpins

Pour s’aventurer dans les milieux alpins, où l’on retrouve parfois des croûtes de glaces, il est recommandé de trainer avec soi des crampons à skis, des crampons à bottes et même des piolets. Ces équipements pourraient vous éviter une chute fort désagréable.

10. Transition : bien manipuler ses peaux

Lors de la transition, tapez d’abord un espace de travail avec vos skis. Ensuite, enlevez-en un seul à la fois pour éviter de vous enfoncer, puis retirez les peaux avec soin pour éviter qu’elles s’enneigent, car elles ne colleront plus au ski par la suite. En cas de froid extrême, qui peut réduire l’adhérence de la colle, il est recommandé de garder ses peaux dans son manteau pour les réchauffer. Au besoin, un ruban qui recouvre une bande de colle d’urgence, située au milieu de la peau sur certains modèles, peut être retiré pour améliorer l’adhésion.

11. Planifier sa descente

Une bonne planification permet d’optimiser sa descente. Suivez la ligne de pente la plus directe possible et exécutez vos virages de chaque côté de cette ligne imaginaire. Vous pouvez aussi utiliser les obstacles naturels pour planifier vos virages.

12. Descendre dans la poudreuse

Les skis larges sont de mise pour flotter dans la neige folle et Thomas Thiery, le fondateur d’Estski, recommande une largeur de 110 mm au patin, pour maximiser la flottaison. Contrairement à une croyance populaire, il est inutile de mettre trop de poids vers l’arrière. Il faut plutôt bien répartir son poids au centre du ski. Skiez dans des lieux sûrs et prévoyez des lieux de regroupement sécuritaires, à l’abri des avalanches potentielles.


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13. Skiez avec assurance

Pour skier de manière efficace dans la grosse neige, il faut maintenir une certaine vitesse et demeurer assez « agressif » sur ses skis, ce qui permettra d’éviter un obstacle au besoin au lieu de rester figé sur ses skis.

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14. Communication et équipements de sécurité

Étant donné que les cellulaires ne fonctionnent pas partout en montagne, prévoyez un moyen de communication secondaire (radio, téléphone satellite, balise de détresse, etc.) et emmenez tout le matériel nécessaire pour assurer votre sécurité et celle de vos comparses (DVA, pelle, sonde, trousse de premiers soins, etc.).

15. Sortez avant la noirceur

Pour éviter les ennuis, prévoyez toujours vos sorties de manière à pouvoir être de retour au moins 30 minutes avant la tombée de la nuit, en sachant qu’un bon skieur parcourt de 2,5 à 3 km/h sur le plat. Ajoutez 15 minutes par 100 mètres d’ascension.

Et surtout !

Allez-y une étape à la fois et n’essayez pas de descendre sur des terrains où vous ne vous sentez pasà l'aise. Prenez votre temps et toutes les formations qu’il faut pour en profiter au maximum. Et amusez-vous !


Les intervenants 

-Stéphane Gagnon, propriétaire de Ski Chic-Chocs et guide de ski hors-piste;
-Jérôme Morin Dumais, propriétaire de Expé Aventure et guide de ski hors-piste;
-Thomas Thiery, fondateur d’Estski, un média spécialisé en ski hors-piste dans l’est de l’Amérique du Nord;
-Maxime Bolduc, directeur du ski de montagne à la Fédération québécoise de montagne et d’escalade (FQME).

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