Rechercher dans le site espaces.ca
  • © Unsplash / Jon Tyson

9 choses à savoir sur le chemin de Compostelle

Vous avez sûrement entendu parler du chemin de Compostelle. Vous connaissez certainement des personnes qui ont fait, en tout ou en partie, ce mythique pèlerinage. C’est le cas de notre collaboratrice qui vous donne de précieuses informations si vous voulez également vous lancer dans cette aventure.

1. Vous avez le choix du chemin à parcourir

© Manfred Zentgraf, Volkach, Germany, CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons

Le chemin de Compostelle n’est pas un sentier unique. De nombreuses voies et tronçons existent avec des difficultés et des paysages différents. L’objectif final reste d’arriver jusqu’à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en une ou plusieurs étapes.

En Espagne, le premier chemin historique serait le Camino Primitivo (Chemin Primitif) partant d’Oviedo. Mais le chemin le plus populaire depuis le Moyen Âge est le Camino Francés (Chemin français) que presque deux tiers des pèlerins empruntent entièrement ou partiellement chaque année. Il est à noter que le Chemin portugais a attiré 21 % des marcheurs en 2019 et gagne de plus en plus en popularité.

Pour ma part, j’ai souhaité parcourir le Camino Francés pendant l’été 2019. C’est de celui-ci dont je vous parlerai.


2. Faut-il être catholique ou chrétien pour faire le chemin de Compostelle?


© Adobe Stock

Les raisons de marcher jusqu’à Compostelle sont diverses. C’est pour cela qu’on dit que chacun fait « son chemin ». Diverses raisons poussent les pèlerins à s’engager dans ce voyage : pour réfléchir à sa vie, prendre du temps pour soi, faire un voyage différent (seul, au calme, lent), se questionner sur sa foi, marcher en mémoire d’une personne proche décédée, se prouver quelque chose, pour le défi sportif ou l’aspect culturel... La plupart du temps, on le fait même pour plusieurs raisons. D’après le bureau d’accueil des pèlerins, en 2019, seulement 11% des pèlerins l’ont parcouru pour des raisons uniquement sportives.

Personnellement, j’ai vu peu de démonstrations religieuses ostentatoires. L’esprit religieux est tout de même présent puisque les églises sur le chemin proposent des messes et des bénédictions pour les pèlerins.

Il faut savoir que les auberges de pèlerins sont ouvertes à tous les marcheurs dès lors qu’on présente sa credencial, son passeport du pèlerin.


À lire aussi - Guide d’achat randonnée : 25 souliers, bottes et sandales pour trouver chaussure à son pied


3. Faut-il s’entrainer avant ?


La traversée des Pyrénées entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncesvalles © Virginie Rocher

Il n’y a pas besoin de s’entraîner spécifiquement avant le départ. L’entraînement se fait sur le chemin : les premiers jours correspondent à l’échauffement. Il est important de se ménager au départ pour s’habituer aux chaussures et au port du sac à dos. Il s’agit d’éviter les blessures aux genoux, chevilles, tendons d’Achille, dos et d'éviter les ampoules.

Personnellement, au bout d’une semaine, les douleurs musculaires et l’allure de grand-mère que j’avais à la fin de chaque journée se sont estompées. Mon corps s’est habitué à parcourir plus de 20-25 km par jour. Durant les deux premières semaines, presque chaque matin, j’avais un petit bobo musculaire, mais après une heure de marche, tout allait mieux.

Un truc qui m’a été super utile et que j’ai appris sur le chemin : la crème anti-inflammatoire Radio Salil, en vente dans les pharmacies espagnoles, est la plus efficace pour les douleurs musculaires. En plus, vous vous ferez des amis lorsque vous en donnerez aux autres!


4. Ne pensez pas manger sainement et rester sobre sur le chemin.


© Virginie Rocher

Étant donné que le chemin a une connotation plutôt spirituelle, l’objectif premier est rarement de se remettre en forme – même si cela peut être un objectif secondaire. Personnellement, j’ai gagné en endurance et jambes musclées, mais j’ai pris 2 kg !

Comment ? D’abord, le choix alimentaire n’est pas toujours très vaste dans les villages traversés. Souvent le seul qui s’offre à vous est la nourriture servie au bar du coin. Attendez-vous à manger des viennoiseries, des toasts, des sandwiches ou de la tortilla (omelette de pommes de terre) au déjeuner ou au dîner, ce que vous apprécierez certainement après les efforts physiques fournis. Vous trouverez aussi de temps en temps des épiceries ou des supermarchés, pour acheter des collations ou des aliments à cuisiner à l’auberge.

Si vous ne cuisinez pas le soir, vous mangerez souvent le menu du pèlerin, option la plus économique : riche en fritures, viande et crème glacée, tout cela arrosé de vin ou de bière. Ce n’est sans doute pas le régime le plus adapté au sportif, mais c’est convivial et salutaire pour le moral!

Par contre, sachez qu’être végane sur le chemin est un défi difficile. Il faudra quasiment tout préparer vous-même. L’Espagne est un pays qui aime la charcuterie et le fromage.


À lire aussi : 10 choses que tous les randonneurs devraient savoir


5. Traversez la Meseta!


© Virginie Rocher

La Meseta, c’est le haut plateau désertique d’environ 200 km entre Burgos et Léon. À en croire Internet et les forums, il semble que ce soit la partie la plus éprouvante physiquement et moralement, car les distances y sont longues, le paysage est plat et sec. Il est parfois recommandé de prendre un bus pour abréger ses souffrances… C’est bien dommage.

La Meseta représente environ 8 à 10 jours de marche. Les paysages désertiques sont beaux et changent un peu chaque jour. La lumière du matin ou du soir y est assez exceptionnelle, les petits villages de pierre, charmants. En plus, il y a parfois une piscine dans le village ou à l’auberge où vous vous arrêterez. Toutefois, au bout du cinquième ou sixième jour, je commençais à trouver le temps long et il faisait très chaud. C’est le temps de prévoir des départs à 5 h 30 – 6 h du matin à la frontale!

Ce tronçon permet l’introspection et c’est un peu pour cette raison qu’on fait le chemin, alors pourquoi faudrait-il ne pas le marcher?


6. Vous n’avez pas besoin d’un équipement de backpacking.


© Adobe Stock

Sur le Camino Francés, de nombreuses auberges accueillent les pèlerins pour un prix modique, en général entre 6 et 12 euros. À ce prix-là, il est plus simple de se déplacer sans tente, réchaud, ni matelas qui pèsent lourd sur les épaules. De plus, il y a moins de campings que d’auberges. Il est certainement possible de faire du camping sauvage, mais pour un gain financier sans doute assez minime et un manque de confort notable.

Quel que soit votre mode d’hébergement, il faudra apporter votre sac de couchage ou drap de sac (selon la saison) et votre lampe frontale pour les départs à l’aube. Sinon, presque chaque pèlerin apporte avec lui un guide papier du chemin dans sa langue. Si vous voulez vous alléger, il suffit de télécharger l’application Buen Camino : on a toutes les informations nécessaires sous la main. Sinon, le parcours est bien indiqué par des flèches jaunes.


7. Les derniers jours avant l’arrivée à Saint-Jacques ne seront pas les plus agréables


La borne des 100 derniers km © Virigine Rocher

Un conseil : ne marchez pas seulement les cinq derniers jours du Camino Francés pour dire que vous avez fait le chemin de Compostelle… En 2019, 27 % des pèlerins ont commencé à Sarria, ville à 111 km de Saint-Jacques-de-Compostelle (100 km étant la distance minimum à parcourir pour obtenir la Compostela). À cet endroit, on a l’impression que le chemin devient une autoroute entre les pèlerins qui débutent et la jonction du Camino Francés et del Norte.

L’atmosphère change : il y a des groupes assez bruyants, plutôt lents (quand on a déjà quelques semaines de marche à son actif), avec un équipement très amateur (espadrilles et sac 10 litres). Les boutiques et restaurants deviennent plus chers, les hébergements plus difficiles à trouver. Il faut donc ruser ou faire d’avance ses réservations.

Avec mes compagnons de voyage du moment, on a eu l’impression qu’on nous avait volé le chemin, apprivoisé dans le calme, jour après jour. Puis, on se réhabitue, on sème les néo-pèlerins et on finit ces derniers kilomètres en quatre jours plutôt qu’en cinq.

Si vous n'avez que quelques jours, une bonne option est de commencer le chemin plus loin et de le faire par étape, année après année, afin de vous imprégner des différents paysages et atmosphères. Vous pourrez aussi savourer chaque retour sur le chemin.


À lire aussi : 8 conseils pour bien préparer une première longue randonnée


8. Prévoyez un peu plus de temps pour aller jusqu’au cap Finisterre (Fisterra) et/ ou à Muxia


© Adobe Stock

Après les derniers jours de marche en mode autoroute et l’arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle, émouvante, mais aussi très touristique, on peut atteindre un dernier objectif à pied dans le calme et la sérénité : la borne du kilomètre zéro au bord de l’océan Atlantique au cap Finisterre, là où le pèlerin ne peut pas aller plus loin. C’est aussi à cet endroit que le pèlerin du Moyen Âge brûlait ses vêtements devenus haillons pour matérialiser le changement vers une nouvelle vie. Il est maintenant interdit de brûler des vêtements à cet endroit – cela ne veut pas dire que personne ne le fait !

Trois à cinq jours de plus et une centaine de kilomètres sont nécessaires pour atteindre la côte Atlantique. Plusieurs options s’offrent à vous : aller directement à Fisterra, puis continuer à Muxia ou le contraire.

Les paysages sont agréables : des forêts de pins et d’eucalyptus, des prés verts, des villages galiciens, des vues sur l’océan, des falaises, des plages et un peu de dénivelés. Le jeu en vaut la chandelle. C’est une façon de terminer l’aventure par un beau point final : profiter du coucher de soleil sur l’océan, se régaler de fruits de mer, se baigner dans l’eau froide et penser au beau défi que l’on vient d’accomplir!


9. Vous reviendrez avec des souvenirs, des amis et de belles connexions


© Adobe Stock

J’ai débuté le Camino avec l’idée de passer du temps avec moi-même, sans attente, en me disant que je rencontrerai d’autres gens. Dès le deuxième jour de marche, je me suis liée avec une Italienne, puis une Américaine. Plus tard, avec d’autres Italiens, Espagnols, Allemands… Beaucoup de pèlerins le font seuls.

Les contacts se nouent facilement. Les conversations sont intéressantes, sans chichis et souvent en plusieurs langues. Comme on dort souvent en dortoir et que l’on suit le même trajet, on fait des plans pour partir à la même heure le lendemain matin, pour se retrouver au prochain bar ou cuisiner ensemble le soir. Selon le temps que chacun passe sur le chemin ou selon la vitesse de marche, on fait un bout de chemin ensemble, on se quitte, puis on se retrouve, parfois devant la cathédrale de Saint-Jacques. On a parfois l’impression de faire partie d’une grande famille internationale transgénérationnelle. C’est rassurant.

Le chemin de Compostelle vous fera vivre de beaux moments de connexion à la nature, à vous-même et à l’humanité. Pour moi, cela restera de beaux souvenirs où me réfugier pour penser que la vie et le monde sont beaux, et pour savoir que je suis capable d’atteindre des objectifs ! Et puis, on peut toujours faire un autre trajet. Je pense au Camino del Norte, plus exigeant physiquement, mais avec un contact à l’océan plus proche.


Le Chemin de Compostelle à travers l’histoire


© Adobe Stock

Les origines de ce pèlerinage remontent au Moyen Âge. L’histoire dit qu’un ermite, au IXe siècle, guidé par une étoile mystérieuse, aurait retrouvé le tombeau de l’apôtre de Jésus, Jacques Le Majeur, dans ce lieu qui devint la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice, au nord-ouest de l’Espagne.

Ce fut le début du pèlerinage de Compostelle, grand pèlerinage de la chrétienté médiévale, qui déclina au cours de l’histoire, avant de redevenir de plus en plus populaire au XXe siècle.

En 1972, le bureau d’accueil des pèlerins à Saint-Jacques-de-Compostelle dénombrait 67 pèlerins, 347 578 en 2019.

Commentaires (0)
Participer à la discussion!