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Rencontre sportive, Tinder, Happn... © Evan Kirby, Unsplash

Y’a de l’amour dans le plein air

Après le travail, Internet est le deuxième endroit où trouver l’âme soeur. Notre journaliste, célibataire de son état, nous raconte ses expériences — aussi modestes que subjectives — sur les sites de rencontre.

RencontreSportive.com

En bon amateur de sport et de plein air, j’ai commencé mon périple numérique par la recherche de l’âme sœur sur RencontreSportive.com, un site québécois pur sucre d’érable, fondé il y a 15 ans. En l’utilisant, on me promettait d’accéder au « VRAI plus grand réseau d’adeptes de sports et plein air ». Vérification faite, environ 55 000 personnes y sont inscrites (soit 26 000 femmes et 28 000 hommes).

Tout y est pour trouver la perle rare. Recherche par région, âge, taille, orientation sexuelle… mais surtout par sport pratiqué. Tous ceux-ci (environ une soixantaine) y sont représentés, des sports de glisse aux sports aquatiques en passant par les sports collectifs, la course, le vélo, la grimpe ou ceux qui permettent de s’envoyer en l’air, comme le kitesurf.

Sur ce site, vous trouverez donc très certainement un ou une partenaire pour pratiquer votre activité favorite. De quoi impressionner votre aspirant par votre technique ou votre aisance! Dans mon cas, j’ai fait tout l’inverse. J’ai accepté de tâter du slackline, cette sangle élastique aussi rebondissante qu’un trampoline, alors que j’ai un sens de l’équilibre plutôt précaire.

Je ne sais pas si la stabilité sur corde raide a un quelconque pouvoir de séduction sur la gent féminine, mais vraisemblablement, mes exploits acrobatiques n’ont pas impressionné mon accompagnatrice du jour. Quoi qu’il en soit, entamer une relation sur une note tendue ne me plaisait guère.

rencontresportive.com

Y’a de l’amour dans le plein air © Paul Gilmore, Unsplash

Tinder

Une amie bien intentionnée m’a conseillé Tinder. Très longtemps, j’ai résisté. Tout cela m’apparaissait comme une immense foire à bestiaux numériques.

Un soir, des collègues se sont emparées de mon téléphone et elles y ont créé mon profil, à mon insu. Véridique! C’est le genre de chose qui arrive encore, même à notre époque de cellulaires déverrouillables par empreinte digitale.

J’ai donc commencé à « jouer à Tinder ». Au début, une photo apparaît sur l’écran. Un coup de pouce vers la droite pour aimer, un autre vers la gauche pour refuser. C’est aussi simple que ça. Faites votre choix, en espérant que les personnes qui vous plaisent fassent de même. Si c’est le cas, c’est un match, et une conversation peut s’entamer. Je dis bien « peut », car ce n’est pas toujours le cas. Certains oublient ou collectionnent les matchs comme d’autres les pièces de monnaie, les Pokémon ou les égoportraits au sommet d’une montagne.

Toutes les conversations que j’ai eues sur Tinder ont été charmantes et distrayantes. On se prête au jeu des questions-réponses, au small talk sur le travail, de nos passions, nos activités sportives… le tout saupoudré de quelques blagues. Et c’est tout !

Dans mon cas, ça n’est jamais allé plus loin. Aucune rencontre dans la vraie vie. Plusieurs fois, c’est passé proche. J’avais ainsi prévu aller faire une randonnée avec une fille, au mont Saint-Hilaire. Tout s’annonçait bien, nous avions des intérêts communs pour le plein air, et son profil indiquait qu’elle était « fille des bois ». Nous étions faits pour nous entendre, ou du moins pour nous rencontrer!

La randonnée ne s’annonçait pas très intense, mais elle m’aurait permis de marcher et de discuter en même temps, sans craindre d’être (trop) essoufflé. Tout était planifié : le jour, l’heure, le point de rencontre. Une chance que celui-ci était en bas de chez moi, car la fille ne s’est jamais manifestée. Six mois plus tard, j’attends toujours son message pour me dire qu’elle aura du retard…

Cela m’amène à trois conclusions :

  1. Mon expérience avec Tinder est, à mon sens, symptomatique du plus gros problème de ce genre d’applications : la surabondance de profils rend l’utilisateur ultrasélectif ou l’utilisatrice ultrasélective, voire malpoli ou malpolie. Je te zappe aussi vite que je t’ai parlé ou rencontré — pour ceux qui y arrivent! Après tout, on ne se connaît pas!
  2. Mesdemoiselles, ne l’oubliez jamais : sur Tinder, à moins de tomber sur un Don Juan ou un mâle alpha, c’est vous qui détenez le pouvoir!
  3. Il paraît que la vue au sommet du mont Saint-Hilaire vaut le coup. Quelqu’un peut-il m’envoyer une photo?

Application gratuite, téléchargeable sur Apple et Android : gotinder.com

Y’a de l’amour dans le plein air © Greg Rakozy, Unsplash

Happn

Happn repose sur le même principe que Tinder : tu me plais, j’aime ta photo, et vice versa. Petite subtilité : c’est une application géolocalisée. Les profils qui te sont proposés sont ceux que tu es amené à croiser dans la vie de tous les jours : dans la rue, au resto, dans une boutique (de plein air)… et donc possiblement sur un sentier en pleine forêt. L’arbre qui cache le grand amour…

Ça, c’est pour la théorie. En pratique, c’est un peu plus compliqué. Parce que sur les sentiers, c’est rarement la foule (et c’est tant mieux), à moins de randonner sur l’Acropole des Draveurs lors de la fête du Travail (j’ai testé, je vous le déconseille). Vous me direz : il ne suffit parfois que d’une seule rencontre. Certes, et je n’ai peut-être pas poussé la recherche assez loin et longtemps, ou dans les zones à haute densité de pleinairistes.

En vérité, la grande majorité des profils, je les ai croisés alors que j’étais confortablement installé dans mon sofa. Un genre de couchsurfing amoureux. J’ai aussi croisé certains d’entre eux en voiture, sur le pont Jacques-Cartier ou sur l’autoroute. Moi qui attendais que la nature m’offre plus qu’une balade en sentier, c’est raté. Le chemin de l’amour serait-il pavé d’asphalte?

Application gratuite téléchargeable sur Apple et Android : happn.com 


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